Canicule Russie : Des sites nucléaires toujours menacés par les feux de forêts

    La fumée s’est légèrement dissipée mardi à Moscou, alors que des milliers de pompiers et militaires continuaient à lutter contre les feux, notamment aux abords de sites nucléaires, et que la Russie commençait à évaluer ses pertes.

    Deux militaires sont morts lundi en luttant contre des incendies autour du centre nucléaire de Sarov, à 500 km à l’est de Moscou, où sont notamment fabriquées des armes atomiques, a annoncé mardi la cellule régionale anti-incendie citée par les agences russes. Près de 500 hommes étaient mobilisés pour combattre le feu autour d’un autre centre militaire, à Snejinsk, dans l’Oural, à 1.500 km à l’est de Moscou, qui développe des armes nucléaires, selon le ministère des Situations d’urgence.

    « La surface des incendies a diminué et concerne six hectares » contre sept dimanche, selon la même source. Les autorités locales ont par ailleurs révélé lundi qu’elles avaient décrété trois jours plus tôt l’état d’urgence autour du complexe Maïak (région de Tcheliabinsk, également dans l’Oural), un gigantesque centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires. Après deux semaines d’incendies qui ont fait 54 morts et détruit deux bases militaires dans la région de Moscou, les autorités se sont félicitées mardi de progrès dans la lutte contre les feux qui s’étendent toujours sur une surface de 175.000 hectares à travers le pays.

    « Nous continuons d’observer une tendance positive », a déclaré Vladimir Stepanov, haut responsable du ministère des Situations d’urgence. La surface des feux des tourbières à l’origine de la fumée nocive qui enveloppe la capitale depuis plusieurs jours a diminué dans la région de Moscou de 30 hectares, selon M. Stepanov. Des essais de missiles Iskander et d’autres armements élaborés à Kolomna (113 km au sud-est de Moscou) ont toutefois été suspendus à cause des incendies qui font rage dans cette zone, a annoncé mardi le constructeur.

    « Dès le début de la sécheresse, nous avons suspendu les essais et actuellement nous ne pouvons évidemment pas les poursuivre parce qu’il y a un risque important d’incendies », a déclaré le directeur du bureau de construction KBM, Valéri Kachine, à l’agence Interfax. Moscou respirait mieux mardi après quatre jours dans une fumée suffocante, mais la situation n’est pas revenue à la normale. « Nous observons une certaine baisse de la pollution (…) Mais le problème perdurera tant que les feux ne seront pas éteints » a déclaré Alexeï Popikov, de l’observatoire pour l’environnement à Moscou, Mosecomonitoring.

    Le niveau de monoxyde de carbone à Moscou était 1,4 fois supérieur au seuil d’alerte, une légère amélioration par rapport à la veille (2,2 fois plus élevé). Samedi, les seuils avaient été dépassés de 6,6 fois. Les autorités ont reconnu lundi que la mortalité avait doublé à Moscou à cause de la canicule et la pollution. Le président russe Dmitri Medvedev a de son côté rejeté les critiques sur la mauvaise préparation du pouvoir à cette situation pourtant prévisible.

    « Si nous avions commencé à nous préparer il y a 10 ans, nous n’aurions pas pu faire quoi que ce soit », a-t-il déclaré lundi soir en visitant l’une des régions les plus touchées par les feux. « Il est plus facile de maîtriser les feux au Luxembourg qu’en Russie », a-t-il ajouté. Les feux ont eu un grave impact sur l’économie russe qui commençait à peine à se remettre de la crise mondiale. Des analystes ont prévenu mardi que les incendies allaient coûter à la Russie au moins 15Mds de dollars, soit 1% du PIB.

    Moscou, 10 août 2010 (AFP)


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