Les retraites complémentaires gelées en 2014, comme les pensions de base

    Conséquence du plan de redressement des comptes du régime des retraites complémentaires des salariés du privé, les pensions doivent être gelées en 2014, tout comme les retraites de base.

    Les pensions complémentaires de l’Arrco, régime des salariés du privé, seront gelées en 2014, ce qui va entraîner une baisse de pouvoir d’achat pour 11,8 millions de retraités, conjuguée aux effets de la réforme des retraites.

    Les administrateurs de l’Arrco – représentants du patronat et des syndicats – ont entériné ce gel mardi 11 mars après-midi lors d’un conseil d’administration, par 36 voix pour et 4 contre, celles de la CGT.

    Ce gel entraîne une baisse de pouvoir d’achat des retraités qui “s’ajoute aux mesures de la réforme des retraites“, entrée en vigueur cette année, a déploré à l’AFP M. Rodriguez, en charge du dossier retraites à la CGT : “Si l’on met tout bout à bout, cela représente des sommes importantes”, selon lui. “Pour les retraités qui connaissent des fins de mois difficiles, cela ne va pas s’arranger“, a-t-il ajouté.

    La retraite complémentaire représente un tiers de la pension totale pour les salariés non cadres et peut aller jusqu’à 60% pour les cadres.

    Les régimes de retraites complémentaires Arrco (salariés du privé) et Agirc (cadres du privé) sont gérés par les partenaires sociaux. Pour combler une partie du déficit, syndicats et patronat s’étaient entendus en 2013 pour limiter la revalorisation des pensions – qui intervient chaque année le 1er avril – en 2013, 2014 et 2015.

    Les pensions auraient dû baisser

    Leur accord prévoyait que les pensions seraient revalorisées un point en dessous de l’inflation sur trois ans. Ainsi, pour 2014, la hausse des prix étant prévue à 1,3%, les pensions auraient dû être augmentées de 0,3%. Mais en intégrant le rattrapage de 2013 – l’inflation avait été moins importante que prévu – l’évolution aurait dû être négative. Or, l’accord prévoit que les pensions ne puissent pas diminuer, ce qui conduit à un gel.

    “La clause plancher a pleinement joué son effet. On risquait, si on n’avait pas eu cette clause, de se retrouver avec une évolution négative, ce qui était inacceptable. La seule solution était donc de geler”, a estimé auprès de l’AFP Patrick Poizat, administrateur CFTC. “Il s’agit d’appliquer les décisions de l’accord (…). Ce n’est pas de gaîté de coeur, mais il en va de la pérennité des régimes”, avait déclaré Philippe Pihet, en charge du dossier retraites à FO, avant la réunion.

    8,6 milliards d’euros de déficit pour le régime Agirc-Arrco

    La CFDT, FO, la CFTC et les représentants du patronat (Medef, UPA et CGPME) avaient signé le texte en 2013, rejeté par la CGT et la CFE-CGC. Au total, les mesures de cet accord devaient permettre d’économiser environ 3 milliards d’euros à l’horizon 2017, faisant passer le déficit global Agirc-Arrco de 8,6 milliards à 5,5 milliards cette année-là, avait affirmé le Medef.

    Déjà, en vertu de la récente réforme des retraites, les pensions de base ne seront pas revalorisées au 1er avril comme d’habitude: les retraités devront attendre le 1er octobre, ce qui devrait rapporter 1,4 milliard d’euros en 2020.

    Pour la CGT, le gel des retraites complémentaires – conjugué à celui des régimes de base – implique “une nouvelle dégradation des conditions de vie de millions de retraités avec notamment une baisse de leur consommation, donc un renforcement de la spirale récessive”. 

    La mesure s’applique aux retraités du privé mais aussi à ceux de la Fonction publique et des régimes spéciaux.


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