Comment les joailliers sont-ils assurés pendant les expositions de bijoux ?

    Victime d’un braquage de bijoux estimé à 103M d’euros, ce weekend, à Cannes, le joaillier Leviev devra apporter la preuve que l’ensemble des dispositifs de sécurité demandés par son contrat d’assurance ont été respectés pour être indemnisé.

    Samedi, vers 11h30, un homme armé d’un pistolet automatique se serait emparé de plusieurs sacoches de bijoux d’un montant évalué pour l’heure à 103M d’euros, selon le Parquet de Grasse. d’euros à l’hôtel Carlton de Cannes. C’est à l’occasion d’une exposition temporaire de la prestigieuse maison Leviev baptisée « Extraordinary diamonds », que le braquage a eu lieu, sans violence. Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs personnes, dont des agents de sécurité, se trouvaient sur les lieux. Il s’agirait du plus gros vols de bijoux effectué dans l’hexagone.

    En général très bien assurés pour leur marchandise, les joailliers disposent de contrats établis sur mesure, en fonction de la valeur des bijoux transportés, stockés, exposés ou confiés à un tiers et aux risques qu’ils encourent (vol, perte, dégradation). Ensuite, comme dans tout contrat d’assurance, il existe des obligations particulières applicables aux garanties, des exclusions, des franchises ou des montants assurés limités suivant les circonstances d’un sinistre et la valeur du bijou concerné.

    Des assurances particulières pour les expositions

    “Étant donné le prix des bijoux présents lors de cette exposition et les pierres rares qui se trouvaient pour l’occasion au Carlton lors du vol, la valeur de l’ensemble est vraisemblablement assurée auprès du Lloyd’s de Londres*”, explique Gilles Caudrelier, responsable HBJO (Horlogerie Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie) chez le courtier en assurances Verspieren. “Normalement, le dépositaire des bijoux doit être assuré pour ce genre d’exposition”, poursuit-il.

    Il existe d’ailleurs dans les contrats des obligations particulières applicables aux garanties d’assurances, notamment lors d’exhibitions. “Si le nombre de gardes présents lors du braquage n’était pas suffisant ou si les vitrines n’étaient pas fermées comme demandé par le contrat d’assurance, le joailler peut être entièrement déchu de tout droit à l’indemnité”, poursuit Gilles Caudrelier.

    Si pour l’heure l’enquête est en cours et qu’il est trop tôt pour déterminer les responsabilités de chacun, les circonstances du vol et surtout les éléments de sécurité mis en place par le joaillier, mais aussi par l’hôtel, seront déterminants pour les assurances. De son côté, la police affirme ne pas avoir été mise au courant à l’avance de la tenue de cette exposition.

    Vols à répétition

    Plusieurs vols de bijoux de grande ampleur ont eu lieu ces derniers mois en France, notamment dans le sud. En mai dernier c’est un collier de diamants du joaillier suisse De Grisogno qui était dérobé au cap d’Antibes pour une valeur de 2M d’euros. Plus tôt, lors du dernier festival de Cannes, c’est la maison Chopard qui était victime du braquage d’un de ses coffres dans un hôtel Novotel : montant du butin, environ 1M d’euros.

    Si les vols de ce genre continuent à se multiplier dans les mois à venir, nul doute que courtiers et assureurs spécialisés vont renforcer leurs exigences et le prix des cotisations pour les joailliers qui souhaitent couvrir leur marchandises.

    *Marché de l’assurance britannique où les compagnies d’assurances et les courtiers en assurances se réunissent pour couvrir conjointement les risques.

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