10 réalités sur l’assurance-vie, les unités de compte et les fonds en euros

Point n° 1. Si les assureurs privilégiaient hier leurs clients fortunés en servant de meilleurs taux sur les fonds en euros des contrats de gestion privée (ainsi qu’en gestion de patrimoine), les politiques de taux servis sur les fonds eneuros ont totalement évolué depuis et sont désormais totalement concentrées sur le taux d’unités de compte dans les encours :

  • En 2020, l’écart de taux entre la gestion privée et l’épargne grand public n’a été que de 15 centimes: 1,18 % versus 1,03 %,
  • alors qu’en 2017 l’écart était de 38 centimes: 1,91 % versus 1,53 %.

 

Point n° 2. En sachant que le taux moyen de rétrocessions sur unités de compte est de 0,80 %, une politique de bonification du taux servi sur le fonds en euros par rapport au pourcentage d’unités de compte dans les encours du client se rentabilise sous le double effet des rétrocessions perçues et de l’économie en marge de solvabilité. Le bonus de taux servi sur un fonds en euros n’est pas un « cadeau » de l’assureur. C’est la restitution par l’assureur d’une partie de l’économie de marge de solvabilité et des revenus additionnels dégagés par les unités de compte.

 

Point n° 3. Les normes Solvabilité II ont « torpillé » les fonds en euros en limitant leur capacité à prendre des risques à l’actif dans un contexte de taux hyper-bas. Au sein des FRPS (fonds de retraite professionnelle supplémentaire), les assureurs retrouvent une marge de manœuvre pour la gestion de leurs fonds en euros. D’où les demandes croissantes d’agrément par le secteur : Allianz, Aviva, Axa, CNP, Malakoff Humanis… Le mouvement est loin d’être terminé ; il devient une évidence à la fois dans l’intérêt du client et dans celui de l’assureur.

 

Point n° 4. En raison de leur apparition sur le marché nettement postérieure à celle des contrats d’assurance-vie classiques, les contrats de retraite (du type : PERP ou Retraite Madelin et PER Individuels désormais) ont longtemps servi des taux inférieurs à ceux du marché. La donne s’est logiquement inversée depuis ces dernières années. Good Value for Money évalue le différentiel de taux servi à 20 centimes (0,20 %) en 2020 en faveur des fonds en euros de contrats de retraite. Cet écart devrait se creuser dans le temps sous l’effet de deux facteurs principaux :

  • la plus grande duration de placement des fonds en euros de contrats de retraite (investis sur un horizon de 10 à 30 ans),
  • et la montée en puissance des FRPS.

 

Point n° 5. L’empilement des coûts sur les unités de compte conduit à une charge annuelle globale située entre 2,50 % et 3,00 % par an sur ces supports pour les clients. Si une société de gestion savait garantir ce rendement annuel dans le temps, elle pourrait gérer tous les fonds en euros du marché.

Si la forte hausse des marchés financiers (largement soutenue par les injections de liquidité des banques centrales) a permis de « masquer » la facture totale sur les unités de compte au cours des dix dernières années, cela n’apparaît pas tenable dans le temps.

 

Point n° 6. Parmi les 5 opérateurs ayant servi les meilleurs taux du marché en 2020 sur leurs fonds en euros, on trouve trois associations d’épargnants : Gaipare (à 1,90 %), Asac Fapes (à 1,85 %), Afer (à 1,70 %) et deux acteurs mutualistes : Garance (à 2,75 %) et Mutavie (à 1,85 %).

 

Point n° 7. Parmi les 5 opérateurs ayant servi des taux à 0,50 % (voire en deçà) sur une partie de leurs fonds en euros en 2020, on trouve 4 bancassureurs significatifs du marché. Force est de constater que les produits concernés ont fait l’objet d’une forte promotion marketing et commerciale à l’époque. Les promesses d’hier ne sont plus toujours celles d’aujourd’hui.

 

Point n° 8. Depuis 2018, le rendement moyen des fonds en euros classiques de contrats d’assurance-vie (hors contrats de retraite comme le PER Individuel notamment) se situe entre 0,15 % et 0,20 % au-delà du rendement moyen d’un portefeuille glissant d’OAT sur 10 ans. C’est cohérent avec la composition des fonds en euros classiques qui intègrent 80 % d’obligations en moyenne.

 

Point n° 9. Un épargnant qui paie 3 % de frais à l’entrée sur ses versements en assurance-vie va désormais devoir attendre 4 à 5 années avant de « rentrer dans ses frais » en investissant dans un fonds en euros, au regard :

  • d’un taux moyen servi net de frais qui va descendre sous les 1 % d’une part,
  • et d’un taux de prélèvements sociaux de 17,2 % d’autre part,
  • sans compter une éventuelle fiscalisation à la sortie.

Le contexte actuel de taux hyper-bas conduit à recommander à l’épargnant une grande vigilance au niveau des frais sur versements. D’autant plus que ceux-ci ne sont pas déductibles de la plus-value réalisée ou des revenus perçus.

 

Point n° 10. Au regard de tous ces constats, l’avenir de l’assurance-vie pour les prochaines années se situera pour Good Value for Money au carrefour :

  • pour les fonds en euros :
    • sur une bascule croissante vers des FRPS pour les contrats de retraite, notamment les PER Individuels,
    • sur un abaissement de la garantie annuelle du capital nette de frais sur encours en deçà de 100 % afin de permettre à l’assureur d’aller chercher du rendement et de la diversification malgré les normes Solvabilité II,
    • sur la poursuite d’une surperformance des taux servis par les contrats de « vraies » associations d’épargnants et de mutuelles (au sens large),
  • pour les unités de compte :
    • sur une nécessaire remise en cause des gestions financières laissant une part tellement congrue à la prise de risque qu’elles finissent par ne plus rien rapporter au client dans le temps, une fois tous les frais déduits (« si prise de risque il y a, celle-ci doit avoir un réel potentiel à rapporter »),
    • sur une intégration croissante de supports indiciels (ETF ou trackers) dans les gammes d’unités de compte,
    • sur une bascule par certains opérateurs de supports « classiques » intégrant des rétrocessions (0,80 % en moyenne) vers sur supports « clean share » sans rétrocessions, mais avec la facturation de frais sur encours additionnels,
  • pour la politique de frais :
    • sur une fonte des frais à l’entrée sur les versements, leurs niveaux actuels étant incompatibles avec celui des taux d’intérêts,
    • sur une fonte des frais liés aux offres de gestion pilotée (« gestion sous mandat collective »), en étant conscient qu’on est aujourd’hui le plus souvent dans un schéma d’empilement de frais avec une forme de « fonds de fonds »,
    • sur la réalisation par certains acteurs d’une politique de tarification nettement plus raisonnable au niveau des frais annuels de gestion sur les encours en unités de compte, ceux-ci ayant tendance à dériver vers le seuil de 1,00 % depuis ces dernières années sans réelle justification.

 

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