Analyse sur la composition des fonds en euros à fin 2017

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Qu’y a-t-il dans les fonds en euros ? Quel est leur rendement financier brut pour l’assureur ?

 

Comme chaque année, Good Value for Money vient d’analyser la composition financière et le rendement financier brut d’environ 120 fonds en euros de diverses natures à fin 2017. Grâce à la richesse de la base constituée par Good Value for Money et mise à la disposition des membres de son club (accessible à tout un chacun), il est possible de donner une vision « marché » de six natures de fonds en euros :

  • Fonds en euros « classiques »,
  • Fonds en euros «immobiliers »,
  • Fonds en euros « dynamiques»,
  • Fonds en euros « retraite», c’est-à-dire de PERP, de contrats de Retraite Madelin et de contrats de Retraite supplémentaire (Articles 83, PERE…),
  • Fonds en euros « croissance» (encore jeunes dans leur constitution),
  • Fonds en euros « luxembourgeois» intégrés dans des contrats d’assurance-vie luxembourgeois.

 

Le rendement financier des fonds en euros reste particulièrement élevé en 2017, notamment au regard de la situation des taux d’intérêts (pour mémoire, le niveau moyen de l’OAT à 10 ans a été de 0,81 % en 2017) avec la hiérarchie suivante :

  • 3,79 % pour les fonds en euros « retraite»,
  • 3,65 % pour les fonds en euros « immobiliers» et « dynamiques »,
  • 3,19 % pour les fonds en euros « classiques».

Sans surprise, les fonds en euros dédiés à la retraite se positionnent en tête du classement. Ces fonds bénéficient de plusieurs facteurs favorables :

  • Une durée moyenne de placement nettement plus longue que les autres formes de fonds en euros en raison de l’investissement à moyen / long terme par l’épargnant ;
  • Une poche Actions plus importante que dans les fonds en euros classiques (à savoir 10,3 % en moyenne versus 8,6 %) autorisée par la durée de l’engagement des assurés ;
  • Une poche Immobilier plus importante également que dans les fonds en euros classiques, à savoir 7,8 % de l’actif total versus 6,5 %.

 

Concernant le rating moyen des contreparties obligataires, les gestionnaires des fonds en euros dynamiques s’exposent davantage que dans le cas des fonds en euros classiques :

  • Le rating moyen des obligations des fonds en euros dynamiques est A-, alors qu’il est A+ pour les fonds en euros classiques.
  • En analysant dans le détail par niveau de rating, on relève un poids relatif des obligations notées BB de 26 % de la poche obligataire en moyenne dans les fonds en euros dynamiques, alors qu’il n’y en a quasiment pas dans les fonds en euros classiques (1,4 % en moyenne).
  • L’une des explications de cet écart est la capacité accrue des obligations BB à générer du rendement, sans que la contrepartie ne soit nécessairement mauvaise pour autant. Mais le coût de ces obligations dans Solvabilité II empêche d’y investir d’une manière significative dans des fonds en euros classiques pour une simple raison que les volumes en jeu n’ont rien à voir avec ceux des fonds en euros dynamiques.

 

Sans surprise, les fonds en euros immobiliers sont investis en moyenne à 44 % dans des actifs immobiliers. Il est évident qu’un tel poids de l’immobilier limite les capacités d’entrée et de sortie sur ce type de fonds en euros, notamment dans le contexte actuel où le marché de l’immobilier est très haut. Aussi, les gérants financiers de fonds en euros immobiliers sont conduits à les gérer « comme le lait sur le feu » :

  • en n’acceptant en termes de flux de collecte que les volumes qu’ils pensent être en capacité d’investir dans des conditions raisonnables dans des actifs immobiliers : biens en direct, parts de SCPI ou de SCI, part d’OPCI, actions de foncières…
  • en limitant, le cas échéant, les flux de sortie si ceux-ci sont supérieurs à la collecte.

 

En termes de poids relatif des différentes formes de fonds en euros, les fonds en euros classiques sont prédominants par rapport aux autres formes de fonds. Sur la base d’une reconstitution de plus de 80 % du marché, Good Value for Money arrive aux estimations suivantes :

  • Fonds en euros « classiques » : 88,9 % du total,
  • Fonds en euros « immobiliers » : 0,5 % du total,
  • Fonds en euros « dynamique » : 0,3 % du total,
  • Fonds en euros « retraite » : 10,1 % du total,
  • Fonds en euros « croissance » : 0,2 % du total.

 

Les éléments-clés concernant la composition des fonds en euros classiques fin 2017 sont les suivants :

  • 81,2 % d’obligations dont :
    • 3/5èmes de corporate,
    • 2/5èmes de souveraines et parapubliques,
  • 8,6 % d’actions, avec des politiques très variables selon les compagnies d’investissement en direct ou via des OPC (généralement de la société de gestion d’actifs « maison »),
  • 6,5 % d’immobilier,
  • 1,8 % de monétaire.

Certains assureurs-vie assimilent des fonds structurés dans lesquels ils ont pu investir à des obligations, Good Value for Money ayant préféré que ces actifs soient bien isolés en tant que tels.

 

Dernier commentaire de l’analyse de Good Value for Money : la complexité des actifs des fonds en euros est très variable selon les opérateurs. Certains font le choix d’investir essentiellement dans des titres vifs et un nombre limité d’OPC, tandis que d’autres peuvent faire des montages complexes avec un certain nombre de fonds de fonds « maison » dont l’analyse externe n’est pas toujours aisée.

 

Pour en savoir plus sur l’analyse par Good Value for Money de la composition des fonds en euros :

 

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