Pourquoi les hommes meurent-ils plus souvent dans des accidents de voitures ?

Sur 3.645 personnes décédées sur les routes françaises en 2012, 76% étaient des hommes. Alcool, hormones, motos et vitesse comme signes de virilité seraient les principales raisons de ce décalage hommes/femmes.

Sur la route, 3 morts sur 4 sont des hommes, alors qu’ils représentent à peine plus la moitié des automobilistes. Selon le livre blanc de l’assureur MMA, appelé “Les hommes et la route”, psychanalystes, psychologues, sociologues, policiers et philosophes ont analysé la manière de conduire des hommes et des femmes.

Les hommes prendraient plus risques en adoptant des comportements typiquement virils. Pour le psychanalyste Jean-Pierre Winter, la voiture offre à l’homme la puissance et le pouvoir, “jusqu’à la possibilité de tuer”. Les garçons âgés de 15 à 25 ans en payent d’ailleurs un lourd tribut en testant leurs limites au volant.

Des raisons physiologiques

A cette cause plutôt psychologique s’ajoute une explication physiologique. A l’âge de commencer la conduite, le taux de testostérone des garçons est multiplié par 14.

L’alcool au volant serait elle aussi sexuée : selon les chiffres de l’association Prévention Routière, les hommes sont impliqués dans 92% des accidents mortels causés par l’alcool. En général, les taux dépassent les 1,5 g/L.

Alors que les hommes représentent 75% des motards, ils constituent 92% des victimes de deux roues. Du côté des femmes, ces dernières conduisent des plus petits cylindrés. Pourtant, ces messieurs sont avantagés en terme d’équipement : la tenue protectrice est plus facile à porter sur un costume que sur un tailleur féminin. Marc Bertrand de la FFMC alerte : “beaucoup d’automobilistes passent à la 125cc pour des raisons pratiques mais ne maîtrisent pas encore l’engin après seulement 7 heures de formation”.

Des comportements difficiles à changer

Une raison plus pratique cette fois, permet d’apporter un éclairage. Yoann Demoli, sociologue, rappelle que les femmes conduisent 20km de moins par an, et davantage en ville.

De plus, l’impact des stages de récupérations de points sont davantage efficaces sur les femmes. Caroline Gastard explique que les comportements post-stage différents selon le sexe. “Les hommes changent leur façon de conduire quand ils sont avec leurs enfants, les femmes changent leur façon de conduire…tout court”, explique-t-elle.

L’influence des nouveaux moyens de communication sur les accidents de la route est, elle, asexuée. Selon les formateurs, ce sont des perturbateurs de conduite pour tout le monde.

Au final, cette étude devrait permettre d’ajuster les moyens de prévention routière ou la formation à la conduite. Jean-Pascal Assailly, conseille par exemple de différencier la formation selon les sexes : Pilotage et maitrise de l’outil pour les filles et appel à la raison et à la compréhension des règles pour les garçons.


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