Prévention / Moto : Le changement du permis aura peu d’impact sur les tarifs

De nouvelles épreuves ont fait leur apparition lors de l’examen du permis moto. Plus proches de la réalité, elles doivent permettre d’améliorer la sécurité des motards, notamment en ville : une initiative qui n’aura pas forcément d’impact sur la tarification des conducteurs.

Depuis le 19 janvier, les épreuves de l’examen du permis moto (A) ont été modifiées afin de renforcer la sécurité des pilotes. Le but est de coller au plus près de la réalité de la conduite, notamment en ville. Ces nouveaux tests pratiques sont également sensés protéger les conducteurs de grosses cylindrés, particulièrement touchés par les accidents mortels (651 tués sur des motos de plus de 125 cm3 en 2011 en France).

Quel impact sur les tarifs ?

« Suivant les assureurs, l’âge et la catégorie du permis (ancienne et nouvelle génération) peuvent être des critères de tarification », explique Eric Marot, responsable de la classification des véhicules à la Mutuelle des Motards. « C’est un paramètre parfois pris en compte par certaines compagnies, mais pour nous l’âge du permis ne reflète pas forcément l’expérience du conducteur ». Même s’il est trop tôt pour avoir du recul sur l’impact de ces nouveaux examens, ces derniers ne devraient pas tellement modifier les règles de souscriptions et l’établissement des tarifs deux-roues. « Même si certaines motos sont difficilement assurables, c’est avant tout la justification de l’expérience qui induit l’établissement du tarif chez un conducteur et pas son permis », ajoute ce dernier.

« En ce qui concerne le sécurité des motards, le nouvel examen va évidemment dans le bon sens mais il y a encore du travail en ce qui concerne la post-formation et le perfectionnement avec une nécessité forte de sensibiliser les deux-roues motorisés comme les automobilistes à la visibilité du deux-roues motorisés. En effet, les personnes qui ont déjà le permis mais qui reviennent à la moto 20 ans après n’ont plus toujours les reflexes adéquats », explique de son côté Hervé Gicquel, directeur général de l’association de motards Club 14.

« De plus, il y a encore des soucis en ville. L’explosion des ventes de scooters 125 cm3 comme solution à la mobilité a une limite : le seul permis B et 7h de stage sont un minimum pour bien maitriser son engin. Enfin, il y a un gros travail de prévention à effectuer sur le problème de la remontée de files ou encore sur la nécessité de rouler avec un équipement complet et adapté. »

Encore des efforts

« Ce nouveau permis contient des choses intéressantes sur lesquelles nous travaillons depuis près de 30 ans, comme l’accès progressif à la puissance des machines », selon M. Gicquel. « Aujourd’hui, les futurs motards peuvent s’entrainer sur des motos de 48cv pour accéder sur routes à ce type de motos plutôt que des 50cv bridées à 34 avec le permis précédent. Ils auront donc moins de surprise sur leur machine pendant leur période probatoire afin d’acquérir l’expérience nécessaire pour accéder à des puissances supérieures sachant que la limite des 100 cv pourrait bientôt tomber », poursuit-il.

Du côté de la Mutuelle des Motards, ce changement va clarifier la situation. « Quand vous voyez arriver des jeunes avec des machines très puissantes bridées à 34cv, vous savez qu’une fois assurés, ils font facilement sauter ce bridage et se retrouvent avec des engins surpuissants qu’ils ne maitrisent pas forcément », explique Eric Marot.

Des épreuves plus concrètes

Selon Le Parisien, les tests de maniabilité sont tout d’abord repensés. Le traditionnel slalom entre les cônes, moteur au ralenti, est remplacé par un slalom entre 6 portes avec l’utilisation de l’accélérateur, du frein arrière et de l’embrayage. Le but est de reconstituer une situation de conduite en milieu urbain. L’épreuve ne doit pas être abordée trop rapidement (20 secondes minimum).

En ce qui concerne la vitesse, des radars seront désormais présents à certains points de passage du parcours rapide afin d’évaluer les capacités d’anticipation des futurs pilotes. Le test n’est plus chronométré mais l’allure devra par endroit être supérieure à 40 ou 50km/h. A noter que les motos utilisées lors de l’épreuve de freinage pourront être équipées d’ABS, un dispositif qui sera obligatoire dès 2016 sur toutes les machines de plus de 125 cm3.

« Ce nouvel examen est une amélioration, mais ce n’est pas une révolution », enchaine Hervé Gicquel. « En France, le niveau du permis de conduire est plutôt bon par rapport à d’autres pays, mais des avancées sont encore à faire. Ces nouveaux tests vont entrainer beaucoup de changements, notamment en terme d’infrastructure, de véhicules et de formation ».

« Si le nombre de tués en automobile a grandement baissé ces dernières années, le nombre de morts en moto est resté stable. C’est un de nos grands sujets de préoccupation ainsi que celui des pouvoirs publiques dans les mois qui viennent », conclut Hervé Gicquel.


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