Tarifs : hausses en assurance habitation, stabilité en assurance auto en 2015 ?

Les tarifs des assurances auto et habitation ne devraient pas connaître le même sort. En effet, en auto, l’évolution devrait être stable ou en légère hausse, tandis qu’en habitation, la majorité des contrats pourraient augmenter de 3 à 4%. Mais la situation marque des disparités fortes.

Les orages de grêles, les inondations de cet hiver et de nombreux événements climatiques sont venus frappés les assurés et les assureurs, ces derniers mois. Pour autant, la hausse des tarifs devraient être limitée, même si les sinistres ne cessent d’augmenter.

Selon le cabinet Facts and Figures, la hausse en assurance auto, pour la majorité du portefeuille, devrait être contenue entre 0 et 2%. “Les assureurs ont de bons résultats” confie Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet, s’appuyant sur le baromètre qu’il réalise chaque année, “mais on pourrait assister à une vraie différenciation des évolutions de tarifs”.

En clair, les assurés qui ont peu de problème vont être récompensés par des baisses de tarifs, tandis que les contrats fortement sinistrés ou aux prix trop faibles, vont faire l’objet d’une attention accrue, qui se traduirait par une résiliation ou de fortes hausses de tarifs. Les assurés qui représentent de forts sinistres, ou qui ont des contrats vraiment peu chers et donc moins rentables pourraient se voir imposer de fortes hausse. Ce qui entraîne généralement un départ. Il ne faudra pas donc trop tenir compte des annonces des assureurs dans les prochaines semaines, mais bien regarder, au cas par cas, les évolutions des contrats.

0 à 2% en auto, 3 à 4% en habitation, mais…

En assurance habitation, les évolutions devraient suivre la même ligne directrice. Malgré les intempéries, certains assureurs n’ont pas perdu d’argent dans la période. Surtout, il arrive que, là encore, des contrats ne soient pas au prix. Si le consultant s’attend à une hausse de 3 à 4% pour le gros du portefeuille, il imagine des hausses “de l’ordre de 5 à 10%” pour des contrats sous les prix du marché ou victimes de beaucoup de sinistres. Pour les contrats dits “bons risques”, c’est à dire qui sont de long terme et sans sinistre, la hausse pourrait être limitée à 1 à 2%.

La démarche de différencier les tarifs n’est pas nouvelle. La première cause est, en général, économique : faire venir de nouveaux clients avec des tarifs plus bas que ceux des clients déjà présents (c’est le but des opérations “3mois gratuits – 100 euros offerts…”). Cette vision tend à disparaître notamment par l’arrivée prochaine de la loi Consommation – dite loi Hamon – qui a permettre aux clients assurés depuis plus d’un an de partir. Dans ce cas, la guerre des tarifs déstabilise l’assureur et ses propres clients.

Les tarifs peuvent se différencier aussi pour ne pas affecter, encore une fois, les clients présents. Si la hausse est généralisée, alors ils finissent par avoir un contrat plus cher que ce qu’il devrait coûter. Le principe de payer en collectivité les dégâts pèse logiquement sur une vision de plus en plus auto-centrée, surtout en période de crise.

Enfin, le meilleur moyen d’influer sur le tarif d’assurance (auto, habitation et autre) est sans doute de faire valoir son ancienneté, sa fidélité et d’avoir plusieurs contrats. Dans un environnement concurrentiel, les assureurs seront sensibles à ces arguments.


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