Solitaire du Figaro : L’assurance au service du nautisme, ou l’inverse?

La Solitaire du Figaro vient de sacrer pour la première fois Yann Eliès. L’occasion de se pencher sur le sponsoring de la célèbre course nautique. Couteux, l’engagement se révèle surtout bénéfique pour les entreprises, comme en témoigne l’exemple de la Macif.

Le fils a rejoint le père. En 1979, Patrick Eliès remportait la course de l’Aurore, ancêtre de la Solitaire du Figaro. Une épreuve que son fils Yann vient de s’adjuger pour la première fois ce mercredi. Arrivé en tête à Cherbourg, le breton s’est offert le luxe de remporter la première et la dernière étape de la course. Une résurrection pour celui dont la France a découvert le visage un jour de décembre 2008. A l’occasion du Vendée Globe, Yann Eliès était tombé de son monocoque au large de l’Australie. Résultat : une fracture du fémur et un sauvetage en pleine mer agitée.

Cette victoire est aussi une réussite économique pour son sponsor, l’entreprise Queguiner Matériaux. Le logo rouge et vert du groupe, qui orne la voile du monotype, sera visible par tous lorsque les télévisions rendront compte du résultat final de la course.

A l’instar de la société bretonne, 3 assureurs ont fait le choix de parrainer un skipper cette année : Generali, la Solidarité Mutualiste et la Macif. La raison d’un tel engagement tient en quelques chiffres. En 2011, télévisions et radios accordèrent 100 et 49 heures d’antenne à la présentation de l’épreuve tandis que 1300 coupures de presse analysaient le déroulé de la course. Cette couverture médiatique attire les sponsors, qui mesurent le bénéfice à tirer d’une telle exposition.

Un investissement rentable

La Macif l’a bien compris. Le groupe Mutualiste s’implique depuis 5 ans dans le sponsoring de courses au large et alloue un budget de 100.000 euros à la Solitaire du Figaro. Un investissement amorti par les retombées médiatiques de l’épreuve et qui peut se révéler bénéficiaire selon les résultats du skipper ou sa capacité à communiquer face aux médias.

L’enjeu premier du sponsoring nautique n’est néanmoins pas financier. Il témoigne d’une volonté d’assurer une « meilleure visibilité de la marque », selon Jean-Bernard Le Boucher, responsable du programme Skipper Macif. Cette visibilité est double. D’un côté, son logo. Présent sur la voile du monotype, il bénéficie d’une « surface d’affichage importante » qu’on ne peut « éluder ». De l’autre, son nom, qui profite d’une particularité du sponsoring nautique : le naming. Ici, la Macif ne se contente pas d’apposer son logo sur les voiles des monotypes. Elle donne son nom aux bateaux partenaires. Conséquence, les citations de la marque se multiplient dans les médias, assurant sa meilleure mémorisation. Un élément non négligeable pour un groupe qui détenait 60.000 contrats d’assurance-plaisance en 2010.

Une question d’image

Surtout, ce sponsoring est un moyen pour la Macif de parfaire son image. C’est un fait, les assureurs ont mauvaise presse. Selon un sondage publié par l’IFOP en 2009, 40% des français ont une image négative de la profession. Le sponsoring nautique prend ici tout son sens. En s’engageant dans la voile, l’assureur « profite de l’image véhiculé par le sport », selon Mr Le Boucher. A l’heure ou le cyclisme est gangrené par le dopage et le football stigmatisé pour l’individualisme de ces joueurs, le nautisme est perçue comme authentique et héroïque. Des valeurs que le groupe entend faire siennes en parrainant la course.

Cette année, 2 skippers Macif ont pris part à la Solitaire du Figaro : Fabien Delahaye, 4ème au classement général et Paul Meilhat, 9ème.


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