Assurance santé : Christian Saout, président du Collectif inter associatif sur la santé, fustige la taxe sur les complémentaires

Christian Saout est le président du Collectif inter associatif sur la santé (Ciss) qui regroupe une trentaine d'associations intervenant dans le domaine de la santé. Inquiet depuis plusieurs mois du désengagement de l'Assurance maladie, il revient sur la taxe de 3,5% que le gouvernement prévoit d'instaurer sur les complémentaires santé dites « solidaires et responsables ». Une pénalité fiscale contre les assurés selon lui.

Christian Saout est le président du Collectif inter associatif sur la santé (Ciss) qui regroupe une trentaine d’associations intervenant dans le domaine de la santé. Inquiet depuis plusieurs mois du désengagement de l’Assurance maladie, il revient sur la taxe de 3,5% que le gouvernement prévoit d’instaurer sur les complémentaires santé dites « solidaires et responsables ». Une pénalité fiscale contre les assurés selon lui.

Comment réagissez-vous après l’annonce du gouvernement de taxer les contrats solidaires et responsables ?

Il s’agit une fois encore de mettre les ménages à contribution pour équilibrer les comptes de l’assurance-maladie. Après les déremboursements de médicaments, les franchises, les forfaits, voici venu le temps des pénalités fiscales.

Quel impact cette taxe peut-il avoir sur les assurés ?

Les conséquences porteront sur les assurés disposant d’une complémentaire de type « responsable ». Mais c’est aujourd’hui le cas de près de 95 % des assurances complémentaires. Ce sont donc des millions de français qui vont voir leur couverture complémentaire renchérir de nouveau. Les complémentaires ne vont pas diminuer leur train de vie, ce sont les adhérents et les cotisants aux complémentaires qui vont payer la note !

Pensez-vous que les mutuelles ont les moyens d’absorber cette taxe sans toucher aux cotisations des complémentaires ?

Il le faudrait. Après tout, au moins dans les complémentaires, les adhérents sont censés voter. Ces derniers ont donc la capacité de se prononcer sur les augmentations de primes et la réduction des dépenses.

Allez-vous faire entendre votre position et votre voix auprès du gouvernements et des élus ?

Nous allons évidemment nous opposer à cette orientation qui défait un peu plus le socle de l’assurance maladie universelle créée en 1945. Car, cette mesure s’analyse aussi comme un transfert de charges de l’assurance maladie vers les complémentaire. C’est donc un peu plus de privatisation de la couverture maladie.

En outre, à quoi cela sert-il de relever le montant de l’aide à l’acquisition de la complémentaire pour certaines catégories de nos concitoyens si c’est pour, à peine six mois après, la rendre plus coûteuse.

Au fond, en matière de couverture du risque maladie, le gouvernement agit comme de coutume, c’est-à-dire sans discussion, avec un outil de politique fiscale, là où nous réclamons depuis plusieurs années un débat public sur les orientations dans ce domaine.


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