Enquête : Les Français et leur santé, une relation ambiguë

Des Français optimistes sur leur état de santé mais qui se montrent souvent négligents dans son suivi, ce sont les principaux enseignements d’une étude réalisée par l’institut de sondage Ifop pour le groupe Prévoir.

Une étude de l’Ifop réalisée pour le groupe Prévoir apporte un éclairage nouveau sur le rapport des Français à leur santé. Soucieux et optimistes à son sujet, ils font néanmoins preuve de carences dans son suivi. Les chiffres sont clairs : 95% des Français accordent de l’importance à leur état de santé.

La raison d’une telle attention ? Le souci de conserver la maîtrise de leur forme physique, selon 67% des sondés. A l’inverse, les antécédents médicaux au sein de la famille ou une santé fragile ne pèsent que pour 21% dans l’attention que porte la population à sa constitution. En clair, l’importance accordée par les Français à leur santé s’inscrit dans une logique de préservation plus que de prévention.

L’optimisme règne

Pour autant, cet intérêt ne nourrit pas de « perceptions anxiogènes » chez les individus, souligne Frédéric Micheau, Directeur adjoint de l’Ifop. Ainsi, 91% des français jugent leur état de santé bon, chiffre qui monte à 98% chez les cadres supérieurs. Un optimisme qui s’inscrit dans la durée, 62% des sondés estimant que leur état de santé restera stable durant les cinq prochaines années.

Un bémol néanmoins, l’estimation de l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 74 ans, soit 10 ans de moins que l’estimation de durée de vie, qui s’élève à 83 ans. Ce décalage, fruit du ressenti des Français, n’est pas sans fondement. Dans un rapport récent, l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a mis en lumière que la France, qui affichait l’espérance de vie la plus longue pour les femmes en 2010 en Europe, n’occupe que la 10e place en termes d’espérance de vie sans incapacité (EVSI).

Si les Français anticipent une fin de vie difficile, leur optimisme reste élevé. Pour mesurer leur état de santé, ils s’appuient aujourd’hui sur leur tonicité : l’absence de fatigue (57%) et la capacité de résister à l’effort (49%) sont les deux principaux critères d’évaluation. A ces éléments physiques s’ajoutent aussi des considérations psychologiques, comme le moral (39%) ou le niveau de stress (20%). Surtout, 83% des Français ont le sentiment de faire le nécessaire pour conserver une bonne santé. Comment se matéralise cette attention ? Les Français déclarent adopter des comportements nécessaires pour rester en forme. 84% d’entre eux affirment limiter leur consommation d’alcool et 80% déclarent surveiller leurs poids. Les sondés apportent aussi des réponses sociales aux problématiques sanitaires, puisque 84% s’efforcent de conserver une vie sociale et 69% tiennent à leur activité professionnelle pour conserver leur capital santé. A l’inverse, manger bio n’est prioritaire que pour 31% des sondés.

Un suivi peu efficace

Problème, ces déclarations de bonne intention ne masquent pas la négligence dont font preuve les Français dans le domaine de la santé. L’étude de l’Ifop met en effet en lumière les efforts inégaux des Français en matière sanitaire. Ces derniers ont en effet une mauvaise connaissance des indicateurs de santé. Seuls 50% des sondés connaisssent leur tension artérielle, chiffre qui tombe à 33% s’agissant du niveau de cholesterol. Quant à l’indice de masse corporelle (IMC), il n’est connu que par 27% de la population. De plus, au cours des 6 derniers mois, seulement 41% des Français ont fait des analyses ou des dépistages (cholesterol, diabète, cancer). L’opinion qu’ils ont de leur santé ne repose donc majoritairement pas sur des données objectives mais sur un simple ressenti, les intéressés ne disposant souvent pas des connaissances pour confronter leur perception à la réalité.

Plus grave, face à des signes de faiblesse, seuls 26% des français prennent l’initiative d’agir rapidement en consultant un médecin ou un pharmacien. A l’inverse, ils sont 54% à recourir à l’autodiagnostic et l’automédication, chiffre qui monte à 66% chez les moins de 35 ans. Ils sont en outre 17% à ne pas agir et à prendre leur mal en patience.


2 commentaires sur

  • jeff Vues :

    Les Français recourent à l’automédication pour plus de simplicité et de confort. Les parcours de soins définis par les pouvoirs publics (consultation médecin traitant, plus spécialiste si nécessaire, pharmacien) ne correspondent plus aux rythmes de la société. Difficile quand on travaille de prendre du temps pour consulter un médecin.

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