Les prothèses auditives encore trop chères, selon la Cour des comptes ?

Le rapport de la Cour des comptes, rendu publique aujourd’hui, jette le blâme sur le marché de la prothèse auditive. Selon les sages, une révision du système serait souhaitable pour abaisser les tarifs trop onéreux.

Le rapport de la Cour des comptes paru ce 17 septembre est un véritable coup de pied dans la fourmilière. Après avoir fustigé les faibles remboursements des soins optiques et l’organisation hospitalière, la juridiction financière s’attaque aux prix des prothèses auditives, trop inaccessibles selon elle. Des coûts onéreux qui ont pour conséquence, selon une récente enquête Ipsos, de conduire 85% des malentendants à renoncer à s’appareiller. A noter que sur l’achat d’une prothèse auditive, la Sécurité sociale ne rembourse qu’au maximum 120 euros. L’assurance santé complémentaire ne prend en charge que 300 à 500 euros, sur un appareil qui peut couter plus de 2.000 euros. La Cour des comptes conseille à l’hexagone de vivement réformer son système.

Pourquoi les prothèses auditives sont-elles si chères ?

Les polémiques qui ébranlent déjà le marché de l’optique, commencent également à se propager à celui de l’audition. Le manque d’acteurs et de concurrence, qui entraine une situation de monopole, nuit à l’abaissement des prix. La poignée de producteurs et distributeurs existants peut alors tarifer tel qu’elle l’entend. Déjà en octobre 2012, de nombreuses critiques avaient déferlé sur la profession quant aux indécentes marges pratiquées. Sonalto avait, à cette époque, jeté un pavé dans la marre en commercialisant “Octave”, un assistant auditif au prix économique de 299 euros. L’appareil était également vendu en libre service dans les pharmacies. Un produit révolutionnaire de par son prix et sa facilité d’acquisition qui s’est directement démarqué des couteuses prothèses auditives (de 600 à 2.100 euros), qui ne peuvent être vendues et réglées que par des audioprothésistes. Se sentant en danger, le Syndicat National des Audioprothésistes UNSAF avait alors directement poursuivi en justice Sonalto, pour atteinte “aux dispositions du Code de la santé publique”.


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