Manuel Valls annonce le gel des prestations sociales jusqu’en octobre 2015

Manuel Valls donne un tour de vis en gelant les prestations sociales pour dégager rapidement de l’argent. La réduction des dépenses structurelles se fait attendre.

A la sortie du Conseil des ministres, mercredi 16 avril, dans une intervention au format exceptionnel, le Premier ministre, Manuel Valls a annoncé que les prestations sociales ne seraient pas revalorisées jusqu’en octobre 2015.

Il n’est pas question évidemment de diminuer le montant des prestations sociales mais, dans le contexte exceptionnel qui est le nôtre, elles ne seront pas revalorisées jusqu’en octobre 2015“, a-t-il expliqué. La phrase laisse entendre une certaine urgence de la situation, le Premier ministre privilégiant des mesures rapides sur les allocations plutôt que les dépenses de fonctionnement.

Manuel Valls a détaillé la feuille du route du gouvernement qui compte économiser 50 milliards d’euros en 3 ans. Presque la moitié de ces restrictions budgétaires se fera sur les dépenses sociales (11 milliards) et sur les dépenses de santé (10 milliards).

Le gel des prestations sociales représente un effort particulier demandé aux ménages qui cotisent pour en profiter. Les retraites du régime de base sont en premier lieu concernées pour 1,3 milliard d’euros ainsi que “les retraites complémentaires qui relèvent des partenaires sociaux” pour 2 milliards d’euros, a-t-il précisé. Les partenaires sociaux (syndicats et patronat) qui gèrent les régimes des retraites complémentaires (Agirc, Arrco) ont déjà annoncé pour l’année 2014 la stabilisation des pensions. Les aides familiales et les aides aux logements devront aussi être bloquées. Elles ne suivront pas la hausse des prix et du coût de la vie.

Ménages modestes

Les ménages les plus fragiles devraient être épargnés comme “les retraités dont les pensions sont les plus modestes puisque le minimum vieillesse continuera, lui, d’être revalorisé“, a souligné le Premier ministre. Ce coup de froid ne concernera donc pas les minima sociaux (RSA, ASS, allocation adulte handicapé) ni le minimum vieillesse qui progresseront au rythme de l’inflation. A ceci près, que le RSA, le complément familial et l’allocation de soutien familial devaient être revalorisés exceptionnellement dans le plan pauvreté de janvier 2013. Ces engagements seront, selon lui, “décalés d’une année“.

Le gouvernement espère également s’attaquer à des dépenses structurelles, celles qui concernent à plus long terme les coûts fixes. Mais, là, peu d’explications. Elles risquent d’attendre. Les dépenses de santé doivent baisser de 10 milliards d’euros. D’ici à 2017, l’Assurance maladie devra “mieux organiser le parcours des soins”, accorder plus de place à la chirurgie ambulatoire pour désengorger les hôpitaux, ou faire appel à une “consommation plus raisonnée des médicaments“, a précisé le Premier ministre dans son discours.

Le reste des économies se fera sur l’État, les fonctionnaires et les collectivités territoriales. Toutes ces mesures visent à réduire le déficit public, freiner l’endettement et rassurer les marchés qui financent chaque année le déficit. La France, a-t-il assuré, “tiendra ses engagements (…) bases de (sa) crédibilité, de la confiance et de notre souveraineté“, avec un objectif de retour du déficit public  à 3% du PIB d’ici à 2015. M. Valls a toutefois exclu toute remise en cause du “modèle social” et notamment du Smic, comme le proposait le président du Medef Pierre Gattaz pour les jeunes.


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