Médecine de proximité : « une situation inquiétante », selon une ancienne ministre

Le nombre de médecins en activité en France tombera à un plancher avant l’horizon 2018-2020, a estimé mardi l’ancienne ministre de la Santé, Elisabeth Hubert, lors d’un déplacement à Marseille dans le cadre de sa mission sur la médecine de proximité.

« Le plancher d’offre médicale qu’on évaluait devoir être à 2018-2020, en se disant que d’ici là on trouverait des mesures permettant de compenser, je pense qu’on n’aura pas le temps de prendre les mesures et que ça va se passer avant », a déclaré Mme Hubert lors d’un point presse.

« C’est vrai que la situation est inquiétante, contrastée mais inquiétante », a-t-elle ajouté au sujet de la démographie médicale du pays. « Je vois des territoires où ce ne sont pas simplement des communes de 500 habitants qui n’ont plus de médecins, mais des territoires de milliers d’habitants qui, à très brève échéance, vont être dépourvus d’offre de santé de proximité, à tout le moins de médecins, avec un effet d’accélération, les départs suscitant les départs », a-t-elle souligné.

En février 2009, une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) avait estimé que le nombre de médecins en activité tomberait en France de 208.000 en 2006 à 188.000 en 2019, avant de remonter ensuite pour atteindre 206.000 en 2030.

Médecin de formation et ancien député, Elisabeth Hubert, présidente de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad), a été chargée en avril par le président Nicolas Sarkozy de conduire la « grande concertation » sur les difficultés auxquelles est confrontée la médecine de proximité. Au terme d’une tournée en régions, elle compte remettre son rapport et des « propositions concrètes » début octobre.

Selon elle, des mesures structurelles sont nécessaires, notamment en matière de formation, face au déclin de la médecine générale, mais « il faudra très certainement des mesures temporaires incitatives pour essayer de pallier ces difficultés que l’on connaît ».

« Il y a un moment où, de façon très évidente, la population ne sera pas encore prête à se déplacer de façon très éloignée pour aller rechercher un médecin » ou ne sera pas encore habituée à la télémédecine. « Il faudra bien trouver le moyen d’attirer, ou temporairement ou définitivement, des médecins dans certains endroits », a-t-elle dit.

Marseille, 8 juin 2010 (AFP)


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