Prévention santé : Réunion sur les salles de shoot à Matignon

Une réunion à Matignon sur les salles de consommation supervisées pour usagers de drogue s'est ouverte jeudi après-midi avec les représentants d'associations, accompagnés de Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine.

Une réunion à Matignon sur les salles de consommation supervisées pour usagers de drogue s’est ouverte jeudi après-midi avec les représentants d’associations, accompagnés de Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine.

La réunion est présidée par le directeur de cabinet du Premier ministre Jean-Paul Faugère et son conseiller chargé des questions de santé, David Gruson. Après avoir opposé une fin de non-recevoir au principe de ces salles la semaine dernière, les services de Matignon ont accepté une rencontre avec les associations militant pour l’expérimentation de ces centres, destinés aux toxicomanes les plus précarisés, soit une minorité.

« En tant que scientifique, je m’appuie sur les données scientifiques et je constate qu’il existe aujourd’hui bon nombre d’arguments en faveur de ces centres qui montrent une diminution du risque de transmission des infections (VIH, hépatites virales) et un accompagnement des drogués », a déclaré à l’AFP Mme Barré-Sinoussi, qui avait identifié le virus du VIH-sida en 1983 avec le Pr Luc Montagnier.

« Il est évident, sachant que l’on peut diminuer ce risque, qu’on doit passer le pas en France », a-t-elle insisté, rappelant que « des pays, y compris très religieux comme l’Espagne, l’ont fait ». Il existe des salles de consommation dans plus de 45 villes de 8 pays, essentiellement européens :Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Norvège, Suisse, Canada et Australie.

« Nous venons dans une optique constructive, nous amenons des preuves scientifiques que ça marche », a renchéri Pierre Chappard, coordonnateur du « Collectif du 19 mai » qui regroupe Asud, Act Up, Anitea, SOS Hépatites, Safe, Gaïa, salledeconsommation.fr. Selon les estimations des associations de terrain, Paris compterait entre 500 et 1.500 usagers de drogue potentiellement concernés, un petit millier à Marseille.

Paris, 19 août 2010 (AFP)


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