Santé / Antibiotiques : Les jeunes médecins prescrivent moins que leurs aînés

Les médecins généralistes plus âgés prescriraient davantage d’antibiotiques que leurs confrères plus jeunes, selon une étude publiée dans la revue Pratiques et organisation des soins.

La France reste un des pays les plus consommateurs d’antibiotiques en Europe, malgré une baisse d’utilisation observée depuis plusieurs années. Une réduction incombant à la mise en place de campagnes de sensibilisation du grand public et des professionnels de santé.

La consommation excessive de ce type de médicaments occasionne un coût considérable pour l’Assurance maladie, d’autant que certaines prescriptions s’avèrent inutiles ou inadaptées.

L’étude

L’étude de la revue Pratiques et organisation des soins porte sur 2,8M de prescriptions d’antibiotiques, remboursées aux bénéficiaires du régime général en Alsace hors sections locales mutualistes, entre le 1er juillet 2008 et le 30 avril 2010.

Les résultats indiquent que les médecins installés depuis longtemps, qui effectuent un nombre de consultations et de visites supérieures à la moyenne, sont ceux qui prescrivent le plus d’antibiotiques à leur patientèle.

A l’inverse, les praticiens installés depuis peu, avec un nombre de consultations et de visites moins important, recevant plus d’enfants, de malades en affection de longue durée (ALD) et de bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), sont plus parcimonieux avec les ordonnances d’antibiotiques. Ils prescriraient de manière modérée et surtout plus adaptée.

Un paradoxe

Ce sont les médecins prescrivant le plus d’antibiotiques qui commandent le plus de tests de diagnostic rapide de l’angine, précisément destinés à réduire la consommation des médicaments.

Les auteurs de l’étude reconnaissent cependant les limites de leur enquête, car ils ignorent notamment la nature des pathologies aboutissant à des ordonnances d’antibiotiques.

Ils considèrent néanmoins que les plus jeunes généralistes sont probablement plus sensibilisés face aux problèmes de prescriptions abusives. Par le biais d’une formation universitaire plus récente mettant l’accent sur la prévention publique gouvernementale mais aussi de la part de l’Assurance maladie.

Ces praticiens ont probablement, par rapport aux médecins plus anciennement installés, davantage de temps à consacrer à chaque patient car leur volume de consultations est moindre. De ce fait, ils sont à même d’insister sur l’information quant à la surconsommation d’antibiotiques.

La mise en évidence de ces différents profils pourrait donc permettre à l’Assurance maladie d’organiser des stratégies d’action personnalisées pour compléter la politique de prévention.

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