Santé : les hôpitaux et les cliniques privés en grève illimité dès le 5 janvier

Après l’annonce de la grève des médecins généralistes pour la fin de l’année et la grève de 24h des internes le lundi 17 novembre, la fédération de l’hospitalisation privée (FHP) menace également de cesser toute activité dès le 5 janvier, pour une durée indéterminée.

Si les fêtes de la fin d’année s’annonçaient difficiles à cause de la grève des médecins généralistes pour qui voudra se faire soigner, le début de l’année 2015 pourrait aussi mal commencer.

Après les médecins, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) grogne également. Les médecins menacent de faire grèvedu 24 au 31 décembre, pour dénoncer plusieurs dispositions de la loi santé portée par la ministre Marisol Touraine et notamment la généralisation du tiers payant. La fédération de l’hospitalisation privée demande le retrait du projet de loi de santé lequel selon elle “menace le secteur privé”. Dans le cas contraire, les cliniques et hôpitaux privés cesseront tout activité et ce à partir du 5 janvier 2015.

Cliniques en grève

La FHP met au centre de ses revendications l’organisation d’un système de soins autour de l’hôpital publique. L’émergence d’un service public (SPH) priverait les cliniques du financement des missions de service public. Le secteur privé se trouve en difficulté, car il ne pourrait pas effectuer les mêmes missions et obligations que le secteur public (par exemple, la prise en charge des urgences) pour lequel il est rémunéré. Une inégalité de traitement selon l’organisation professionnelle qui déclare que “les cliniques et hôpitaux privés subissent déjà une discrimination de financement, avec des tarifs hospitaliers inférieurs de 22 % en moyenne à ceux de l’hôpital public pour une même prestation de soins. S’ils représentent 27 % de l’offre de soins et réalisent 34 % de l’activité de soins en France, ils ne reçoivent que… 17 % des financements hospitaliers de l’assurance maladie” déclare la FHP dans son communiqué.

Un autre point fait peur à la fédération, le renforcement des pouvoirs des agences régionales de santé (ARS). Celles-ci piloteront le nouveau dispositif de service territorial de santé au public. “C’est très simple. Les ARS pourront retirer à l’un de nos établissements une autorisation d’activités de soins ou fermer un de nos services d’urgence parce que l’hôpital public voisin, qui ne va pas bien, a besoin d’un afflux de patients. Nous refusons d’être la variable d’ajustement d’un secteur public structurellement déficitaire”, explique le président de FHP, Lamine Gharbi.

Conséquences pour les patients

Si cet appel à la grève est très suivi, il pourrait poser beaucoup de problèmes pour les patients. Même si l’arrêt de mouvement du secteur privé doit débuter le 5 janvier 2015, il sera préparer une dizaine de jours avant. “Nous allons entre guillemets arrêter les opérations chirurgicales à partir du 25 décembre, pour que le 5 janvier nos cliniques soient vides. (…) Il n’y aura plus d’activité du tout. (…) Même dans les urgences!”, déclare Lamine Gharbi dans une interview à France Info, le lundi 17 novembre. La prise des rendez-vous ne sera pas effectuée également.

“Équité et respect”

La FHP regroupe plus de 1.000 cliniques et hôpitaux privés. Avec leurs 154.000 salariés et plus de 42.000 médecins, ils accueillent 8,5 millions de patients chaque année, dont 2,3 millions dans 132 services d’urgence privés. Les cliniques et hôpitaux privés réalisent 54% des interventions chirurgicales en France, près de 66% de la chirurgie ambulatoire, près d’un traitement du cancer sur deux, un accouchement sur quatre, près d’un tiers des soins de suite et de réadaptation, et 17% des hospitalisations psychiatriques.

L’organisme demande le retrait du projet et un échange avec la ministre de la santé. Cette dernière, semble déjà ouverte à la discussion. “S’il faut ajuster, préciser, améliorer les aspects de cette loi, je le ferai”, affirme de son côté la ministre dans un entretien au Figaro.


Laissez votre avis