Santé : Tiers payant ne veut pas dire gratuité des soins

L’annonce par Marisol Touraine de la généralisation du tiers payant chez le médecin pour 2017 entraine depuis hier certaines confusions. La dispense d’avance d’argent ne veut pas dire gratuité des soins.

Lundi, à l’occasion de la présentation de la “Stratégie nationale de santé”, Marisol Touraine a déclaré vouloir généraliser le système du tiers payant pour les malades lors des consultations en médecine de ville. “D’ici à 2017, quand vous irez voir votre médecin, vous n’aurez plus à avancer le prix de la consultation, comme c’est déjà le cas en pharmacie”, a expliqué la ministre de la Santé.

Depuis hier, c’est pourtant la confusion chez certains de nos confrères qui laissent entendre que cette généralisation du tiers payant entrainerait la gratuité des soins (voir les deux vidéos ci-dessous). Les syndicats craignent de leur côté que cette annonce donne l’illusion de la gratuité des consultations et entraîne une surconsommation de soins.

Pour rappel, lors d’une consultation chez un médecin généraliste (secteur 1), le système du tiers payant permet de ne pas faire l’avance des frais pris en charge par l’Assurance maladie (grâce notamment à la carte Vitale. Cette somme est directement remboursée au médecin par la Sécu, comme c’est déjà le cas pour les patients les plus modestes, bénéficiaires de la CMU et de l’ACS (Aide à la complémentaire santé).

Malgré tout, le patient doit payer ce qu’on appelle le “reste à charge” ou “ticket modérateur”. Ce reste à charge peut ensuite être remboursé (en partie ou en totalité) par une mutuelle santé, mais cela n’est pas généralisé et dépend des contrats et des accord entre mutuelles et médecins.

Si le malade ne possède pas de mutuelle santé (appelée aussi complémentaire santé), il devra alors faire l’avance des frais correspondant à ce reste à charge.

Ainsi, la généralisation du système du tiers payant permettra au patient de ne pas avancer l’argent de la consultation qui correspond uniquement à la prise en charge par l’assurance-maladie (soit 70% du prix de la consultation).


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