Rupture de stock de 45 médicaments, quelles solutions et remboursements pour les assurés concernés ?

Selon une enquête du Parisien, les pharmacies françaises font face à des difficultés d’approvisionnement faisant craindre une rupture de stock de 45 médicaments. Une situation parfois difficile pour les assurés santé.

Le Parisien
a révélé le 17 août dernier que les pharmacies françaises feraient face à une pénurie (impossible d’en obtenir sous 3 jours) de 45 médicaments, auxquels pourraient s’ajouter 17 autres ruptures de stock. L’ANSM, l’Agence française du médicament a répertorié sur son site les traitements concernés :

– Allochrysine (rhumatisme)
– Amétycine (anticancéreux)
– Ascabiol (antigale)
– Atropine (collyre)
– Caryolysine (anticancéreux)
– Depocyte (anticancéreux)
– Diffu-K (déficit en potassium)
– Dodecavit (déficit vitamines)
– Eurobiol (insuffisance pancréas)
– Fomépizole (antidote intoxications)
– Gentalline (infections)
– Hexastat (anticancéreux)
– Immucyst (anticancéreux)
– Increlex (retard de croissance)
– Isoptines (troubles cardiaques)
– Jext (choc anaphylactique)
– Levothyrox (hypo-thyroïdie)
– Myambutol (tuberculose)
– Nanocis (diagnostics)
– Neo-mercazole (hyperthyroïdie)
– Netromycine (antibiotique)
– Norcuron (anesthésie)
– Normison (insomnies)
– Orgalutran (hormones)
– Orgamétril (troubles ménopause)
– Oxacilline Panpharma (antibiotique)
– Oxinate d’indium Mallinckrodt (analyses sanguines)
– Panretin (lésions cutanées)
– Pedea (traitement prématurés)
– Peptavlon (problèmes gastriques)
– Phosphore Alko (rachitisme)
– Quinine Chlorhydrate Lafran (paludisme)
– Rafton (maladie de Crohn)
– Semap (schizophrénie)
– Stimu-LH (hormones)
– Stimu-TSH (hormones)
– Striadyne (troubles cardiaques)
– Sycrest (troubles bipolaires)
– Synacthène (spasmes)
– Targretin (lymphome cutané)
– Teatrois (ophtalmologie)
– Thiotepa genopharm (anticancéreux)
– Tofranil (dépression)
– Typhérix (vaccin typhoïde)
– Vistide (sida)

Les 17 en risque de pénurie :

– Amoxicilline (antibiotique Clamoxyl)
– Cefixime (antibiotique)
– Célestène (allergie, asthme)
– Cerezyme 400 U (déficit enzymatique)
– Cernevit (perfusion)
– Fabrazyme (déficit enzymatique)
– Fosfocine (antibiotique)
– Gammagard (solution pour perfusion)
– Hydrocortancyl 2,5% (dermatologie)
– Immunoglobulines humaines intraveineuses (perfusion
– Molybdène (tests diagnostics)
– Orgaran 750 U (cardiologie)
– Pegasys (hépatites B et C)
– Sérécor (troubles cardiaques)
– Synacthène retard (spasmes)
– Typhim VI (vaccin typhoïdique)
– Vfend (antifongique)

Cette situation accablante de ruptures de stock s’explique en partie par les oligopoles des laboratoires pharmaceutiques et la demande massive à échelle mondiale, boostée par les pays émergents. Certains traitements étant produits par un seul et unique fabriquant, impossible parfois d’assurer les commandes. “Les laboratoires travaillent à flux tendu. De fortes commandes peuvent dérégler cette mécanique” précise François Bruno, Directeur adjoint du service surveillance des marchés à l’ANSM, dans les colonnes du Parisien.

Mais le phénomène n’est pas récent, l’Ordre des pharmaciens s’en inquiète depuis 2006 et a réaffirmé dans un rapport en date d’octobre 2012 que les ruptures de stock étaient “hautement problématiques“.

Quelles solutions et remboursements pour les patients concernés ?

Les solutions ne sont pas parfaites. Certains médicaments peuvent être substitués par des traitements équivalents (génériques, antibiotiques…). C’est ainsi le cas du Levothyrox pour l’hypo-thyroïdie (6ème médicament le plus vendu dans en France) remplacé par l’italien Eutirox. Dans ce cas présent, pour faciliter la prise en charge des 3 millions de patients concernés, le palliatif est distribué gratuitement sur une période temporaire.

Pour les autres médicaments remplaçables, l’Assurance maladie, contactée par News Assurances, a indiqué que “le pharmacien [devrait les délivrer] en apposant une mention manuscrite sur l’ordonnance (art. L.5125-23 CSP) et, à des fins de remboursement, respecter la contrainte économique de non dépassement du coût de la spécialité générique du même groupe (art. L.162-16 alinéa 5 CSS)”. En clair, le pharmacien doit pouvoir donner un médicament au prix du générique.

Pour les traitements manquants qui ne possèderaient pas de substitut direct, “le pharmacien peut délivrer une spécialité [différente de celle prescrite à la base] en obtenant l’accord préalable du médecin prescripteur” précise l’Assurance maladie. Dans le cadre du remboursement, le pharmacien devra toutefois faire figurer manuscritement sur l’ordonnance le nom de la spécialité fournie (seule exigence du code de santé publique) ainsi que la date de l’accord donné par le médecin traitant.

Également contactée par News Assurances, l’ANSM a précisé que la recherche de solutions pour palier les ruptures de stocks exploitait “de multiples canaux”. Parmi lesquels “des demandes de modification d’AMM (autorisation de mise sur le marché) concernant les sites de fabrication ou de conditionnement […] une flexibilité réglementaire, un rationnement, une sollicitation d’autres titulaires d’AMM pour augmenter leur production, [ou encore] l’importation de médicaments disponibles à l’étranger mais ne disposant pas d’AMM en France après vérification de leur conformité aux exigences nationales”.


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