Santé : Une zone géographique peut-elle avoir une incidence sur le nombre d’arrêts maladie ?

Une récente étude menée par l’Irdes (institut de recherche et documentation en économie de la santé) s’est concentrée sur des résultats étonnants. Pourquoi le département des Ardennes culmine-t-il à un pourcentage d’arrêts maladie de 29% quand les Hautes-Alpes ne comptabilisent que 13% ? Comment expliquer cette hétérogénéité géographique ?

Quelle singularité que de constater que dans certains départements le nombre d’arrêts maladie dépasse la barre des 20% quand d’autres peines à franchir 10%. Face à des chiffres si disparates, l’Irdes a mené l’enquête.

Utilisant sa nouvelle base de données Hygie, l’institut a pu croiser un nombre inquantifiable d’informations afin d’établir des conclusions : carrière professionnelle d’un salarié, secteur d’activité, taille de l’entreprise, dépenses de santé, raisons médicales… Une multitude d’éléments personnels fournis conjointement par l’Assurance maladie (Cnamts) et l’Assurance vieillesse (Cnav).

Les observations enregistrées ont démontré que la zone géographique semblait impacter sur le nombre d’arrêts maladie en raison de 2 facteurs : l’intensité des contrôles par département et la densité des médecins généralistes.

Fréquence des contrôles

Un département réputé fortement contrôlé par l’Assurance maladie ne disposera pas du même nombre d’arrêts qu’un autre. Un contrôle mettant en lumière une fraude peut autant nuire à un patient qu’a son médecin prescripteur. Les salariés ont donc tout intérêt à limiter leurs volontés de repos déguisées en maladies.

Forte présence des médecins généralistes

Une zone à la densité accrue de généralistes va fournir par logique plus d’arrêts maladie qu’une zone rurale qui en est dépeuplée. L’accès aux soins étant favorisé. L’Idres explique également ce facteur par la concurrence entre médecins. Leur rémunération dépendant du nombre de patients traités quotidiennement, il est à leur avantage financier que de tenter d’en voir le plus possible en une journée de travail.

L’Irdes conclut son étude en soulevant l’ultime facteur, le troisième, qui influe notablement sur le nombre d’arrêts maladie : le salarié dans son environnement professionnel. Plus sera-t-il entré dans la vie active tôt (avant 22 ans), plus sera-t-il sujet à des interruptions temporaires de travail. Second point, la pénibilité de l’activité, qui affaiblit le travailleur et peut souvent découler sur des maladies professionnelles. Pour ce troisième facteur explicatif, l’institut n’a pu déceler aucun lien de causalité avec une zone géographique spécifique.

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