Amazon, Google : la livraison par drone, difficile à assurer

Pour la fédération des opérateurs et fabricants de drones en France, les annonces de Google et Amazon de livrer des colis par drones relèvent surtout d’un coup de pub. D’autant que les assurances sont encore frileuses.

Après Amazon, Google espère se lancer dans le marché de la livraison par drones. Précision : des drones autonomes donc sans pilotage au sol. L’annonce a été faite jeudi 28 août à quelques médias : Google a déjà réalisé des tests de livraison pour des habitants en Australie, dans le Queensland, une région rurale peu peuplée.

Dans une interview accordée au Parisien, Astro Teller, le responsable des projets innovants de Google, croit fermement au projet qui aura sa place en France selon lui.

D’ici 2 ans, on pourra se faire livrer par les airs. Nous espérons réaliser à cette date un test grandeur nature. Pas à Paris, mais dans une agglomération plus petite, où nous pourrons démontrer que nous apportons une vraie valeur ajoutée aux habitants. Puis, nous nous étendrons lentement, que ce soit pour les villes concernées ou les marchandises livrées“, explique-t-il au journal.

Fin 2013, Amazon avait annoncé un programme identique en tablant sur une mise en service possible dans quatre à cinq ans.

Mais en France, la fédération professionnelle du drone civil reste très sceptique et estime que ces annonces servent surtout de coups de pub car les obstacles sont nombreux. “C’est un non-sens économique, nous n’y croyons pas du tout à la fédération”, estime Francis Duruflé, vice président de la FPDC (fédération professionnelle du drone civil) et directeur marketing d’Infotron, fabricant d’un drone hélicoptère.

Risques et assurances

En outre, en ce qui concerne le marché français, la réglementation du 11 avril 2012 encadrant le vol des drones, interdit, sauf quelques dérogations, le survol d’agglomérations.

De nombreux risques existent (de pannes, chutes, collisions avec des fils électriques, avions, oiseaux) et refroidissent d’ailleurs les assureurs qui couvrent assez peu les drones. Les opérateurs doivent respecter strictement les scénarios de vol prévus par la réglementation afin d’être couverts.

Une assurance de responsabilité civile est obligatoire pour les entreprises opératrices de drones en France. Comme pour une voiture, cette assurance au tiers qui couvre les éventuels dommages matériels et corporels causés à autrui est nécessaire pour faire voler des drones dans des zones peu peuplées.

Quant aux assurances couvrant l’appareil et les éventuels colis embarqués en cas de chute, elles sont quasi inexistantes. Pour les assureurs, le risque de crash et le coût des appareils restent trop importants.

Extrait vidéo Google par Cnet


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