Encore peu d’assurances pour couvrir les accidents de drones

A Nice, un nouvel accident de drone a eu lieu. Du coté des assurances, peu d’offres sont pour l’instant sur le marché et les primes souvent très élevées. 

Les drones, promis à de multiples applications civiles passionnantes (photos, industrie, agriculture, environnement, sécurité, expertise d’assurance…), font aussi craindre des accidents d’un nouveau genre.

Vendredi 9 mai, un drone s’est écrasé sur une plage de Nice, sans faire de victimes mais son vol n’était pas autorisé. Les pilotes étaient retenus par la police, indique Nice Matin.

Plus grave, aux États-Unis, l’agence fédérale de l’aviation (FAA) a indiqué, jeudi 8 mai, qu’en Floride un avion de ligne avait évité de justesse un drone qui volait à 700 mètres d’altitude.

D’autres accidents ont eu lieu précédemment : en avril, lors d’un triathlon en Australie un drone qui filmait l’épreuve, s’est écrasé sur une athlète, la blessant gravement. En France, en février, un lycéen a fait voler son drone au-dessus des monuments de Nancy. Il a été convoqué au tribunal pour mise en danger de la vie d’autrui.

Réglementation

En France, la réglementation datant de 2012 est très précise sur le vol des drones. “Sans autorisation, le survol d’une agglomération est prohibé. Dans un cadre sportif, en France, il est strictement interdit de voler au-dessus des gens, il faut être à une distance minimale de 30 mètres”, rappelle Françis Duruflé, vice président de la FPDC, fédération professionnelle des drones civils.

Les drones de loisirs, non dotés de caméras, pilotés à vue hors zone peuplée et à moins de 150 mètres d’altitude n’ont pas besoin de permis de vol. Pour les autres, les règles sont très strictes. Seules quelques 200 sociétés disposent d’agréments et de télé-pilotes diplômés qui peuvent faire voler des drones. Ils doivent recevoir une autorisation de vol auprès de la préfecture (notamment pour le survol d’une zone habitée) et indiquer leurs scénarios de vols.

Drone et assurance

La réglementation exige aux utilisateurs commerciaux de drones une assurance en responsabilité civile.

Que trouve-t-on sur le marché ? Aujourd’hui, courtiers et assureurs proposent des assurances de responsabilités civiles entre 300 et 400 euros environ par an pour couvrir le risque de dommages matériels (chute du drone sur une voiture par exemple) ou corporel, causés à des tiers. La couverture va jusqu’à 1,6 million d’euros au maximum. “C’est vrai qu’il n’y a pas encore beaucoup de concurrence des courtiers et assureurs, il s’agit de la même base de tarification à plus ou moins 50 euros près“, explique le courtier spécialisé en aéronautique SAAM du groupe Verspieren.

Du côté des assurances dommages pour couvrir le risque de crash, les assureurs sont encore très prudents car ils ne disposent que de peu de recul sur le risque de ces engins volants. Les tarifs restent encore très élevés pour l’assurance tous risques. Quelques assureurs sont sur ce créneau : Allianz (AGCS), Axa et La Réunion Aérienne principalement.

“On ne trouve pas de propositions valables pour l’instant. Le matériel embarqué (capteurs, récepteur radio, photos, vidéos…)  peut valoir jusqu’à 60.000 euros. Et les assureurs ne veulent pas l’assurer à moins de payer des primes très élevées“, souligne Jean-Pierre Vernusse, fondateur d’Agily-drones, société de prestation en acquisition de données et photographies.

Il faut compter des primes représentant environ 10% de la valeur de la machine auquel il faut ajouter les franchises. Soit quelques milliers d’euros bien souvent. Du coup, le risque de crash ou de dommage du matériel est porté seuls par les entrepreneurs.

Pourtant l’utilisation des drones laisse entrevoir des applications de toute sorte qui rentrent petit à petit dans notre quotidien : médias, événementiel (mariage, réception…), tourisme, livraison de colis, surveillance, agriculture, relevés topographiques, industrie… Encore peu assurables, les drones restent aussi toutefois convoités par les assureurs eux-même pour leurs expertises


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