Thailande, Egypte, Turquie : peut-on annuler son voyage en cas d’émeutes ou attentats ?

Certaines assurances voyages couvrent les risques d’émeutes, de guerre civile ou d’attentats et permettent d’être remboursé. Mais les conditions sont assez strictes.

La Thaïlande, destination touristique très courue, connaît par ailleurs une forte instabilité politique. Jeudi 22 mai, l’armée a pris le pouvoir et instauré la loi martiale. Le quai d’Orsay indique pour l’heure que “la situation est calme” mais “qu’un couvre-feu vient d’être imposé à partir de ce soir entre 22h et 5h et qu’il est instamment recommandé de le respecter“.

En cas d’aggravation de la situation, les touristes qui ont réservé leurs vacances, peuvent-ils annuler ou changer de destination grâce à l’assurance annulation qu’ils auraient souscrite ?

Les assurances annulation en cas d’émeutes et attentats

Les clients peuvent souscrire une assurance annulation voyage qui peut, dans certains cas très précis, les couvrir avant le départ. Habituellement, les cas de force majeur comme un attentat ou une guerre civile constituent une exclusion de garantie dans les contrats classiques.

Il faut donc miser sur les assurances plus complètes avec une vraie garantie couvrant ces risques. Ces assurances peuvent être souscrites via le tour opérateur, directement auprès des assureurs ou sont intégrées dans les packages des cartes bancaires haut de gamme.

“Mondial Assistance a été le premier à sortir ce type de garantie dans des contrats d’assurance optimum il y a une dizaine d’année. Les clients trouvaient les assurances annulation trop restrictives. Cela commence à devenir une norme maintenant“, explique Caroline Gambier, responsable univers mobilité loisirs chez Mondial Assistance. Avec cette garantie, on peut espérer le remboursement du voyage (mais des franchises s’appliquent selon le contrat) ou un changement de destination si des événements graves surviennent avant le départ.

Mais pour pouvoir utiliser cette garantie, il faudra nécessairement remplir quatre conditions : “l’émeute ou l’attentat terroriste doit survenir dans le ville de séjour moins de 30 jours avant la date de départ ; l’événement doit avoir entraîné des dommages matériels et corporels caractérisés ; les autorités locales doivent déconseiller le voyage ; aucun événement similaire ne doit avoir eu lieu durant les 30 jours qui précèdent la réservation“, précise Caroline Gambier.

Pour connaître les modalités de remboursement propres aux assurances annulation (lire ici).

Vacances “bunker” ?

On le comprend, le client doit donc bien s’informer et suivre l’actualité avant de partir et de réserver. Ainsi, on peut trouver des séjours proposés par des sites de voyage en ligne en Égypte bien que le risque terroriste soit à prendre en considération.

Un attentat visant des ressortissants étrangers a eu lieu près de Taba le 16 février dernier causant la mort de plusieurs touristes sud-coréens. Le ministère des Affaires étrangères déconseille aujourd’hui fortement “de se rendre dans la péninsule du Sinaï, à l’exception de la bande côtière entre Charm el Cheikh et Taba inclus, où tout déplacement est déconseillé sauf raison impérative, notamment professionnelle”. 

L’association 60 Millions de consommateurs signalait par exemple l’ouverture de réservation pour des séjours en juin avec Lastminute.com à Taba bénéficiant de fortes réductions tarifaires. C’est aussi le cas du Club Med, qui possède un village de vacances à Taba. Même si la destination fait partie des stations balnéaires autorisées, des clients se plaignaient auprès de l’association de consommateurs que, vu la situation, ils avaient dû rester cantonnés à l’hôtel, privés d’excursions.

La Turquie a également connu de nombreux troubles et tensions avec la Syrie voisine. Le quai d’Orsay recommande “d’éviter la zone frontalière entre le pays et la Syrie et d’être prudent si des manifestations se déclenchaient dans les grandes villes“.

Que faire en cas d’incidents pendant son voyage ?

Une fois sur place, si des incidents se produisent dans le pays visité, le touriste ne pourra pas compter sur son assurance annulation voyage ou les garanties offertes par sa carte bancaire. Elles ne couvrent que les risques sanitaires. La protection des ressortissants français et leur éventuels rapatriement n’est assuré que par l’État et l’armée.

Mais, attention, le voyageur n’est pas désengagé de toutes responsabilités. S’il prend des risques inconsidérés, il devra payer les secours. L’article 22 de la loi n° 2010-873 du 27 juillet 2010 dispose que “l’État peut exiger le remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer“.

Le site Ariane pour recevoir des informations du ministère

Avant de partir dans un pays à risque, il faut se renseigner sur le risque pays sur le site du Ministère des affaires Étrangères et suivre les actualités. Les services de l’État proposent notamment aux voyageurs de renseigner leurs identités sur le site Ariane lorsqu’ils partent dans des pays à risques, pour recevoir des recommandations par SMS et des informations en cas de crise dans le pays visité.

CP : Flickr_CC / Bangkok lors des émeutes en 2010


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