Assurance santé animale : Les vétérinaires se défendent d’être des privilégiés

Les vétérinaires, mais aussi avocats, au même titre que 37 autres professions réglementées (huissiers, pharmaciens, assureurs, avocats, greffiers, etc.) sont dans le collimateur du ministre de l’Économie et du Redressement productif.

Arnaud Montebourg entend s’attaquer à ces professionnels bénéficiant d’un statut particulier au motif que ces professions ont un niveau de rentabilité élevé.

Le ministre de l’Economie et du Redressement productif, Arnaud Montebourg, envisage de faire baisser jusqu’à 20% les prix des services des professions réglementées. Une baisse qui permettrait selon le gouvernement de dégager près de 6 milliards d’euros de pouvoir d’achat pour les ménages

Les privilèges dont jouissent ces professions dites réglementées sont jugés particulièrement importants. Selon un rapport de Bercy, le bénéfice moyen de ces professions qui disposent d’un ‘’monopole’’ est en hausse de 46% entre 2000 et 2010.

Les vétérinaires cités, mais loin des plus concernés

Les vétérinaires n’apparaissent pourtant pas parmi le Top 12 de la liste de ces professions réglementées et dont les revenus moyens annuels (en 2010) apparaissent comme faisant partie des plus élevés selon le rapport de l’Inspection générale des finances.

En tête, ce sont les notaires, les huissiers de justice, les pharmaciens… pour ne citer que les 3 premiers de ce classement.

Dans la liste des principales professions libérales réglementées en 2011, en nombre de professionnels, les vétérinaires n’arrivent pas parmi les 18 premiers.

Des différences de tarifs qui s’expliquent aisément

Certes les vétérinaires sont libres de pratiquer leurs tarifs et ceux-ci peuvent varier d’une région à l’autre. Mais la disparité des tarifs vétérinaires s’expliquent facilement en partie par le fait d’une fiscalité (charges, taxes….) qui n’est pas partout la même sur tout le territoire.

Ensuite, la médecine vétérinaire, qui n’a rien à envier à la médecine humaine et fait sans cesse des avancées, fait appel à des technologies de pointe. L’équipement d’un cabinet ou d’une clinique vétérinaire a donc un coût.

Demander un devis, lorsque l’on n’est pas face à une situation d’urgence médicale, reste aussi tout à fait possible pour le maître souhaitant faire soigner son chien, chat ou NAC.

Pour ceux qui l’ont choisi, l’assurance santé animale permettra pour sa part un remboursement des frais à hauteur de la formule choisie.

D’ailleurs il est reconnu qu’un maître assuré va chez le vétérinaire en moyenne 2,9 fois chez le vétérinaire par an, contre 1,54 fois pour un animal non assuré*. Pour les maîtres assurés, la question du budget santé de leur animal se pose moins.

“Les vétérinaires n’ont aucun intérêt à pratiquer des tarifs élevés”.

Il n’est pas dans l’intérêt pour les vétérinaires de pratiquer des prix trop élevés, expliquait un vétérinaire interviewé par le journal de 20h00 de France 2. Car bien que le nombre de praticiens soit défini avec un numerus clausus (548 places attribuées pour le concours vétérinaire de 2013, contre 468 l’année précédente), la concurrence existe. Et qu’un vétérinaire qui pratiquerait des prix trop élevé aurait le risque de perdre sa clientèle.

“Ce n’est pas la première fois que nous sommes attaqués et dans le collimateur des politiques“, indique Michel Baussier, président de l’Ordre national des vétérinaires.

Du côté de l’Unapl (Union nationale des professions libérales), le Dr Michel Chassang, président, souligne entre autres que “les professions réglementées sont une garantie et une chance pour les consommateurs”.

Le magazine Que Choisir qui avait consacré en 2012 un dossier aux tarifs vétérinaires** faisait état d’une constance dans les tarifs vétérinaires : aucune flambée des prix mise en avant comparée à 1997, leur hausse étant inférieure à celle de l’inflation.

La comparaison des tarifs vétérinaires reste toujours possible, rappelait lui aussi le magazine. “Mais il ne faut pas oublier que choisir un vétérinaire ne se résume pas à sortir sa calculette : c’est aussi une question de confiance“.

Sources : *SantéVet ; **Que Choisir, n° 500, février 2012.


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