Seriez- vous d’accord avec les propositions du Medef sur l’assurance chômage?

Le Medef souhaite moduler les droits au chômage en fonction de la situation économique du pays. Une proposition qui a fait réagir.

Lors des négociations sur l’assurance chômage, jeudi 13 février, le Medef a sorti des propositions qui ont fait bondir les syndicats. Remonté, le négociateur de la CGT a même déchiré ostensiblement la feuille du Medef devant les caméras.Que dit le Medef? Comment serait changée l’assurance chômage?

Les propositions du Medef

Faire varier les droits au chômage en fonction de la croissance économique et donc du nombre de chômeurs. Plus il serait élevé, mieux seraient protégés les demandeurs d’emploi sur la durée. Plus il serait bas, moins ils seraient indemnisés dans le temps.

Dans le système actuel 1 jour cotisé = 1 jour payé. Le Medef propose que sous la barre des 9% de taux de chômage, 1 jour cotisé = 0,8 jour payé. Ainsi à chaque point de pourcentage de chômage en plus (en moins), on gagnerait (on perdrait) 0,1 jour d’indemnisation. Au dessus du taux de 12%, 1 jour cotisé = 1,2 jour payé. On remarque qu’au taux actuel élevé de 10% de chômage, 1 jour cotisé = 1 jour payé dans ce dispositif.

– En outre, en-dessous de 10% de taux de chômage, le Medef veut ramener la durée maximale d’indemnisation de 24 mois (en vigueur aujourd’hui) à 18 mois et augmenter le délai de cotisation minimale pour avoir droit à l’assurance chômage (délai de carence) de 4 à 6 mois.

– Enfin, le Medef souhaite la suppression pure et simple du régime spécial des intermittents du spectacle et des intérimaires et leur alignement sur le régime général. Les intermittents représentent un quart du déficit de l’Unedic, soit un milliard d’euros. Une charge importante, car ils cotisent 240 millions d’euros mais perçoivent 1,3 milliard d’euros de prestations. Le Medef s’oppose à ce régime spécial qui permet de soutenir le monde culturel et du spectacle, fonctionnant par projets. Pour le Medef, l’État doit prendre en charge ce dispositif sous forme d’aides.

Les règles de l’assurance chômage aujourd’hui

Aujourd’hui, quelle que soit la conjoncture, les chômeurs ont droit au même nombre de jours d’indemnités que de jours cotisés dès lors qu’ils travaillent au moins 4 mois durant les 28 derniers mois. Si j’ai travaillé 10 mois, j’ai droit à 10 mois d’indemnisation, sans dégressivité des droits. Le montant de l’allocation représente 57,4% à 75% du salarie journalier de référence. La durée maximale d’indemnisation est de 24 mois. Source : service public.

Lors des tours de table, la CGPME qui représente les petites et moyennes entreprises, s’était prononcée pour un plafonnement des droits contre moins de cotisations, un raccourcissement des délais.

L’Unedic qui gère l’assurance chômage, basée sur les cotisations des salariés et des employeurs, accuse un déficit de 4 milliards d’euros en 2013 et une dette de 18 milliards d’euros. A la fin de l’année 2013, on comptait 2,73 millions de chômeurs indemnisés. Un accord signé engagerait les partenaires sociaux pour trois ans.


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