Football / Assurance : Bale, l’homme clé du Real

En souscrivant une assurance couvrant à hauteur de 91M d’euros son milieu offensif gallois Gareth Bale, le club du Real Madrid veut protéger son investissement : une pratique courante dans les grands clubs européens.

A l’image du FC Barcelone qui avait souscrit il y a quelques mois une assurance contre une éventuelle blessure ou un décès de son attaquant brésilien Neymar, de plus en plus de grands clubs de football annoncent se couvrir contre un éventuel pépin de leurs joueurs stars. Pourtant, comme annoncé souvent par la presse, il n’est pas question d’assurance-vie.

« Il s’agit en fait d’un contrat d’assurance «homme clé» dans lequel le club est bénéficiaire exclusif, comprenant des garanties de Décès et d’Inaptitude à la profession de Footballeur (Garantie Perte de Licence en France), explique Didier Loiseau, Directeur de l’assureur Henner Sports. Ces garanties sont « toutes causes , c’est à dire effectives aussi bien en cas d’accident qu’en cas de maladie, dans le cadre de la vie privée ou de la vie professionnelle, dans le monde entier et 24h/24. »

Pour simplifier, l’assurance ou garantie « homme clé », souvent souscrite pour les patrons de grandes compagnies, permet d’indemniser le préjudice financier subit par une entreprise suite au décès ou à l’invalidité d’une personne stratégiquement importante.

“Pour Bale par exemple, les 91M d’euros correspondent au montant de l’indemnité que le Real Madrid a du verser au club de Tottenham pour le transfert ; Ce joueur représente donc pour Madrid un actif de 91M d’euros. Si Bale se tue le lendemain, le Real perdra alors ses 91M d’euros… Cette couverture est donc légitime pour le club, qui protège son capital”.

A titre d’exemple, Cristiano Ronaldo avait été transféré de Manchester United pour 94M d’euros, une somme pour laquelle le club madrilène a également du se couvrir. En troisième position derrière Bale, on retrouve Zinedine Zidane avec, en 2001, un transfert de 75M d’euros entre la Juventus et le Real Madrid, toujours lui…

Des clubs risqués pour les assureurs

Hélas pour les assureurs, les grands clubs européens possèdent parfois plusieurs joueurs de renom avec une masse salariale qui dépasse souvent l’entendement. “Pour Barcelone, le cumul des capitaux des joueurs atteint plus de 450M d’euros”, poursuit Didier Loiseau. “En Europe, il n’existe pas d’assureurs spécialisés et les réassureurs traditionnels présents sur le marché ont des capacités insuffisantes( 15M d’euros par tête au cumul)  pour couvrir de tels montants. Les joueurs sont donc couverts par les Lloyd’s de Londres (ndlr : marché de l’assurance où sont placés de très gros risques). Il s’agit de polices montées sous forme de co-assurance pouvant intégrer plusieurs dizaines de syndicats des Lloyd’s. Pour une police comme celle de Bale, vous pouvez avoir une cinquantaine de syndicats (Au Lloyd’s on ne parle pas d’assureur mais de syndicat même si certains syndicats sont détenus par des assureurs).”

“Si aujourd’hui vous mettez 20 joueurs d’un club dans le même avion et que chacun vaut 20M d’euros, en cas de crash le problème devient tout de suite très compliqué, car il faut trouver un assureur qui puisse couvrir 400M d’euros en cas de sinistre collectif. Avoir une telle capacité aujourd’hui se paye cher pour les clubs”, conclut ce dernier.

Suivant l’économie et la culture de chaque pays, les couvertures des joueurs peuvent également être différentes. A titre d’exemple, en Espagne seuls les 4 plus grands clubs assurent leurs joueurs. En Allemagne, seuls 7 clubs assurent leur effectif contre 13 clubs de Ligue 1 en France.


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