Assurance emprunteur : Choisir son assureur pour couvrir un emprunt immobilier est désormais possible

Les emprunteurs immobiliers vont désormais pouvoir choisir librement le contrat d'assurance de leur prêt, une disposition introduite par la loi Lagarde qui entre en vigueur mercredi et devrait essentiellement profiter aux jeunes acquéreurs.

Les emprunteurs immobiliers vont désormais pouvoir choisir librement le contrat d’assurance de leur prêt, une disposition introduite par la loi Lagarde qui entre en vigueur mercredi et devrait essentiellement profiter aux jeunes acquéreurs.

Jusqu’à présent, la loi autorisait les banques à imposer leur offre d’assurance à l’emprunteur. Le nouveau texte, adopté début juillet, laisse l’emprunteur totalement libre de son choix, pour peu que les garanties soient les mêmes que celles offertes par la banque. « Cela va dans le bon sens, vers plus de concurrence, de transparence », juge Marc de la Taille, directeur marketing de l’assureur Alico France. L’assurance de prêt ou assurance emprunteur couvre le décès, l’incapacité, l’invalidité, voire la perte d’emploi de l’emprunteur. Bien que n’étant pas obligatoire, elle est requise systématiquement par les établissements de crédit pour la partie décès, incapacité et invalidité.

Son coût est étalé sur la durée de vie du prêt mais dépasse régulièrement 10.000 euros au total pour un couple. Plusieurs assureurs, courtiers ou comparateurs font valoir qu’une délégation, c’est à dire la souscription d’un autre contrat que celui proposé par la banque, peut permettre d’économiser plusieurs milliers d’euros.

« Tout le monde est lancé dans une guerre de prix », explique Patrick Petitjean, PDG d’April Assurances. En jeu, un marché juteux qui pesait environ 4,9 milliards d’euros de primes en 2009, selon la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). Selon Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur d’assurance en ligne Assurland, les délégations, qui représentaient 15% des contrats en 2009, pourraient atteindre, à terme, un tiers, voire la moitié du marché.

Au centre de toutes les attentions, les jeunes emprunteurs qui ne présentent pas de risque de santé particulier. Ils sont ceux qui devraient bénéficier en priorité de la loi Lagarde. « Nous nous intéressons plus particulièrement aux jeunes emprunteurs primo-accédants de moins de 40 ans », confirme Pierre Seror, responsable du département marketing à la direction de la prévoyance individuelle de l’assureur Macif Mutualité. « Sur ces profils, par rapport à certains acteurs on peut avoir jusqu’à 8.000 euros d’économie pour un couple qui emprunte 150.000 euros », assure-t-il.

Le bénéfice est moins évident pour les emprunteurs plus âgés, malades ou présentant un risque de santé aggravé (fumeurs notamment). Peu sollicités par les assureurs, ils pourraient, en outre, pâtir de la réaction des banques à l’ouverture du marché de l’assurance emprunteur. Il y a encore peu, les banques proposaient, en effet, peu ou prou le même contrat à tous les emprunteurs. Selon le principe de la mutualisation, les jeunes en bonne santé “payaient” donc pour les autres.

Face à l’arrivée de la concurrence, les banques ont commencé à segmenter leurs offres en fonction de l’âge et pourraient aller plus loin, ce qui induirait une augmentation du coût pour les emprunteurs considérés comme les plus à risque. « On se dirige vers une démutualisation du tarif des banques », prévoit ainsi Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur d’assurance Assurland. « Les emprunteurs présentant un risque hors norme ne seront pas lésés parce qu’il y a des acteurs spécialisés qui continueront à les accepter », tempère M. de la Taille, Alico étant l’un des grands spécialistes de ces risques.

Paris, 1 sept 2010 (AFP)


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