Assurance emprunteur : Deux ans après la Loi Lagarde, l’assuré a-t-il vraiment le choix ?

Le courtier en crédit immobilier et assurances, meilleurtaux.com, a présenté son état des lieux sur l’assurance emprunteur, deux ans après l’entrée en vigueur de la loi Lagarde. Le bilan est contrasté. Si de nettes progressions ont été dénotées au bénéfice de l’assuré grâce à un nouveau marché de la concurrence (baisse des tarifs, élargissement des garanties), force est de constater que les banques peinent encore à jouer le jeu de la délégation.

On pourrait dire que le bilan de la loi Lagarde est globalement positif ” amorce Hervé Hatt, Directeur général de meilleurtaux.com. Pourtant en deux ans, seuls 11% des contrats d’assurance emprunteur ont été enregistrés en faveur de la délégation. Rappelons que la loi Lagarde, entrée en vigueur en 2010, autorise tout contractant de crédit a choisir librement l’assurance de son prêt, qu’elle soit proposée par sa banque ou par un assureur extérieur.

Une liberté de choix encore chimérique

A l’heure actuelle, 1 français sur 3 ignore encore que son assurance emprunteur est une question de choix. Un manque d’information directement imputable aux banques “qui relèguent la partie assurance au dernier plan d’un dossier crédit ” explique Christophe Boiché, directeur du pôle assurance de meilleurtaux.com. Selon les dispositions de la loi Lagarde, si un emprunteur souhaite souscrire une assurance individuelle, cela ne peut se produire sans acceptation préalable de sa banque. Les garanties requises par cette dernière doivent être en adéquation avec le contrat choisi. Et c’est là que le bât blesse. Les refus de délégation par les banques deviennent désormais monnaie courante sans que l’organisme n’est à motiver son rejet par écrit. “ Lorsqu’il y a justification, elles tournent autour des garanties. Soit en avançant la non-équivalence, soit car elles sont volontairement spécifiques et donc inégalables ” indique Christophe Boiché.

Le stratégie des banques pour conserver les clients avertis

Certains clients se révèlent pourtant avertis et tout à fait informés du choix qui s’offre à eux. De nouvelles politiques commerciales ont ainsi faites leur apparition afin d’accroître la compétitivité. L’organisme bancaire propose en premier lieu son habituel contrat groupe. Plus concurrentiel, il couple désormais des garanties améliorées à des tarifs plus attractifs grâce à la segmentation du profil des assurés. Les jeunes en bonne santé paient moins cher que les séniors, ce qui abaisse par corrélation le coût du contrat groupe. Si l’assuré refuse cette proposition, une offre individuelle complémentaire lui est soumise, par le biais de la filiale assurance de la banque. Une offre qui ressemble finalement en tout point à une assurance individuelle. Si le client rejette également ce choix, la banque s’adjoint les services d’un courtier pour lui conseiller un produit “multi-assureur”. Soit une armada de contre-propositions pour ne laisser filer aucun futur assuré.

Contrat groupe VS assurance individuelle

Difficile à l’heure actuelle de déterminer quel contrat semble plus intéressant. La loi Lagarde a eu l’avantage, progressiste, de désengluer le marché de l’assurance emprunteur de sa sclérose non concurrentielle. Aujourd’hui les contrats sont adaptés aux profils et à l’âge des assurés, les garanties sont de plus en plus étendues avec notamment l’apparition de l’invalidité professionnelle. Et les prix ont été baissés pour aplanir les différences entre les offres. Néanmoins, pour certaines catégories de population qui choisiraient la délégation en souscrivant une assurance individuelle, cette dernière peut représenter une économie de plus de 50% par rapport à un contrat groupe pour un célibataire de 27 ans, non fumeur ayant un crédit de 118.000 euros sur 15 ans, couvert à 100% par les garanties. Selon meilleurtaux.com, le taux de l’assurance groupe sera de 0,27% pour un coût total de l’assurance à 4.779 euros. Parallèlement, le taux de l’assurance individuelle sera de 0,10% pour un prix intégral de 1.770 euros. Soit une économie de 63%.

Un bilan donc mitigé pour ces deux années d’assurance emprunteur sous tutelle de la loi Lagarde. Du positif sur les contrats en dépit d’une opacité et des pressions commerciales accréditées aux acteurs du secteur. Il revient cependant à l’assuré de se montrer vigilant et ne pas fléchir sur son droit : le droit au choix.

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