Pouvez-vous faire confiance aux simulateurs pour calculer votre âge de départ à la retraite ?

Tel qu’il l’avait annoncé, le ministère des Affaires Sociales a enfin inauguré il y a quelques jours son simulateur de retraite en ligne. Décevant, incomplet et bâclé, le calculateur ne tient aucune de ses promesses.

Depuis un an, le projet sommeillait bien au chaud dans les tiroirs du ministère des Affaires sociales. Confronté à l’incompréhension des Français face au calcul de leur retraite, qu’il s’agisse de déterminer leur âge de départ comme d’évaluer le montant de leur pension, le gouvernement avait promis la création d’un simulateur clair et précis. Un engagement tenu a minima. Les dirigeants français ont respecté une partie du contrat en honorant les délais de mise en place de l’outil d’aide. Ils ont par contre singulièrement péché sur le point le plus fondamental : l’utilité du dispositif.

Un simulateur qui n’apprend rien

Déjà assimilé par les spécialistes à un simulateur “bidon”, l’outil du gouvernement, intitulé “retraite : à quel âge pour moi”, possède cette fâcheuse particularité de ne paradoxalement rien apprendre. En effet, pour déterminer l’âge de départ du demandant, seules trois questions sont posées : la date de naissance, la date d’exercice de la première activité professionnelle, et le sexe. Ce qui donne ainsi une réponse identique pour tout Français qui rentrerait ses informations : 62 ans. Soit l’âge légal de départ à la retraite déjà bien connu de tous.

La plus grande attente portait pourtant sur l’âge de départ à la retraite… à taux plein. Et pour répondre avec exactitude à cette interrogation que se posent 65% des Français, selon une étude du cabinet Accenture parue en août, de nombreux détails sont à considérer. Parmi eux, savoir si la personne a commencé à travailler avant ses 20 ans pour bénéficier du dispositif longue carrière, la prise en compte de la pénibilité dans sa profession, le nombre de trimestres actuellement cotisé, les périodes de chômage, de maladie, d’apprentissage, de petits boulots, de services militaires, le nombre d’enfants… Autant de critères qui conduisent les demandes à être légitimement traitées au cas par cas, ce que n’a pas décidé de faire le gouvernement.

Et les simulateurs classiques qui sillonnent la toile ?

Même son de cloche du côté des nombreux simulateurs classiques qui émaillent internet. Nécessitant les mêmes données réductrices que celles demandées par l’outil du gouvernement, leurs moulinettes s’activent en 30 secondes et offrent des réponses souvent bien éloignées de la réalité. “J’ai fait une étude ces jours-ci en prenant des vrais dossiers de carrière que nous avons déjà traité. Les écarts de réponses sont loufoques, allant de 50 à 100%. Cela concerne ces micro simulateurs, mais également ceux qui dépendent de la CNAV (caisse nationale d’assurance vieillesse. ndlr) avec des résultats qui sont très très loin du compte” explique Emmanuel Grimaud, Président Fondateur de Simul-retraite.fr.

Un constat édifiant, mais qui est loin d’être surprenant. En effet, après avoir analysé les comptes 2012 de la caisse de retraite (Cnav), la Cour des comptes a récemment découvert que 9,1% des pensions de retraite en France avaient été mal calculées. Même les instances représentatives de l’État sont loin d’être infaillibles. “Quand des clients nous consultent, et qu’on les interrogent sur le montant de la pension qu’ils pensent qu’ils vont toucher, nous dénotons toujours une différence de 30% par rapport à nos propres réponses. Ils sous-estiment tous ce qu’ils vont percevoir. Car les mauvais simulateurs contribuent à perpétuer ce mythe que les retraites sont petites et misérables, ce qui n’est pas du tout le cas en France”, précise Emmanuel Grimaud.

Simul-retraite.fr monte au créneau et propose la gratuité de son service

Pour dénoncer l’inefficacité des calculateurs “bidons”, Simul-retraite a décidé de changer son fusil d’épaule pour son propre service. “Cela provient d’une frustration et d’un constat qui dure depuis des années. Puisque le premier droit à l’info retraite a été lancé par la loi Fillon de 2003, et qu’est-ce qu’on remarque? C’est que dix ans après il y a, certes un gros progrès qui a été fait sur les relevés de carrière envoyés tous les 5 ans, mais au delà de ça on est sur un degré zéro de la qualité de l’information”, déplore Emmanuel Grimaud. Ainsi le simulateur a-t-il décidé de désormais proposer à tout intéressé d’estimer l’âge de départ à la retraite et le futur montant de la pension à titre gracieux et de façon illimité. Auparavant, seule la première consultation était gratuite.

A noter que la simulation nécessite de posséder un relevé de carrière récent et prend en tout une quinzaine de minutes. Parmi les autres fonctionnalités du calculateur, la possibilité de simuler l’impact financier d’un départ avant ou après la date indiquée, mais également l’estimation de sa future retraite en fonction de ses hypothèses de carrière future : reprise d’une activité, changement de statut, variation de salaire… L’internaute peut également accéder à un service premium pour 95 euros, en laissant un représentant du site se charger de décrypter son relevé de carrière.

A quel simulateur se fier ?

Une question vient cependant à l’esprit, pourquoi Simul-retraite.fr serait-il plus digne de confiance que les autres? “Tous nos consultants sont essentiellement des juristes en droit social, parfois en double diplôme diplôme avec de la fiscalité, et ils ont par dessus 18 mois de formation interne avant d’être considérés comme totalement autonomes car les réglementations changent en permanence. Nous sommes également consultants pour de nombreuses entreprises. Même des caisses de retraite font aujourd’hui appel à nous pour les former”, clarifie Emmanuel Grimaud.

Simul-retraite.fr n’est pas le seul simulateur à se démarquer. D’autres calculateurs présents sur internet sont tout aussi louables. Tout le défi des internautes est désormais de se montrer méfiants et vigilants envers les outils offrant une réponse trop rapide avec un minimum de données.


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