Réforme des retraites : Adoption du “compte péniblité”, quel réel interêt pour les Français ?

Dans le cadre de la réforme des retraites, actuellement à l’étude à l’Assemblé nationale, les députés ont adopté le 10 octobre la création d’un compte personnel de prévention de la pénibilité.

Axe majeur de cette réforme 2013 des retraites, la pénibilité a été au cœur des débats, hier, de l’Assemblée nationale. Les discussions portaient sur la mise en place d’un “compte pénibilité”, qui a finalement été adopté à la majorité. Destiné aux salariés ayant conduit des carrières éprouvantes, le compte permettra d’engranger des points, dès janvier 2015, en fonction de la pénibilité de leur activité. Ces points pourront ensuite être convertis en formation, en temps partiel ou en départ anticipé à la retraite. En tout, 300.000 Français devraient être concernés par le dispositif.

Le coût de cette nouvelle mesure est évalué à 500M d’euros pour 2020, 2,5Mds d’euros pour 2040. Entreprises et État devraient prendre part au financement.

L’opposition en désaccord

Le députés socialistes ont majoritairement voté pour le “compte pénibilité”. Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales, s’est félicité de cette “avancée historique”, clamant que “pendant vingt ans la droite n’a pas fait, notre honneur à nous c’est de faire”.

Une euphorie non partagée par les autres partis d’opposition. Le Front de gauche s’est carrément abstenu et a fait savoir, par la voix du communiste Nicolas Sansu, que les salariés aux carrières pénibles “attendent tous de pouvoir partir plus tôt”, or avec cette nouvelle réforme “ils auront juste la possibilité de partir à 60 ans”.

De leurs côtés, l’UMP et l’UDI se sont attachés à exclure les PME-TPE de ce dispositif jugé “illisible” par le centriste Philippe Vigier, et qui “pose des problèmes d’application, afin qu’on ne retombe pas dans les difficultés des 35 heures”. La droite s’est également positionnée pour des négociations de branche qui permettraient d’être “plus proche du terrain”.


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