Hausse de la CSG ou des cotisations, l’avenir des retraites se jouera-t-il cette semaine ?

Jean-Marc Ayrault s’apprête à recevoir, ces 26 et 27 aout, 8 organisations syndicales et 3 patronales avant de statuer sur la réforme des retraites. Hausse de la CSG, augmentation des cotisations, ou stratégie gardée secrète, tout devrait se jouer cette semaine.

Les dès seront bientôt jetés. Le sort du système de retraite français devrait se décider une fois pour toute cette semaine. Ces lundi 26 et mardi 27 août, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault rencontre pour la dernière ligne droite les 8 principales organisations syndicales du pays, ainsi que 3 patronales. CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FO, Unsa, FSU mais également CGPME, Medef et UPA, vont se succéder à Matignon.

“Rien n’est décidé”

Ces dernières semaines, trois solutions ont été réellement avancées par le gouvernement pour réduire le déficit des caisses de retraite. Que soit rehaussée la CSG, ou que soient augmentées les cotisations ou la durée d’assurance. Si aucune piste n’a encore été favorisée, le Premier ministre s’est tout de même déclaré fortement opposé à un relèvement de l’age légal de départ en retraite. “Il n’en est pas question, parce que ce serait pénaliser toute une génération. Tous ceux qui ont prévu d’aller à la retraite dans les années qui viennent se sentiraient trahis” a-t-il affirmé le 25 août dans le JT de 20h sur France 2. Un peu plus tôt dans la journée, aux universités d’été du PS, Jean-Marc Ayrault avait tenu à rassurer les militants et les Français sur l’enjeu social : “Nous voulons introduire de nouveaux droits et prendre en compte pour la première fois, la question de la pénibilité. L’espérance de vie à la retraite n’est pas la même pour un ouvrier. Même chose pour la question des femmes qui ne doivent plus être les perdantes avec des rémunérations plus basses pendant la vie actives et, ensuite, des retraites plus faibles”. Le gouvernement se déclare fermement “déterminé à redresser le pays”.

“Tout le monde sera mis à contribution”

Quelque soit l’axe privilégié par le gouvernement, tous les Français devraient être mis à contribution pour combler le déficit de 7Mds d’euros du régime général.

Une hausse de 1 point de la CSG permettrait par exemple de récupérer 12,3Mds d’euros. L’idée reste cependant très critiquée car elle impacte directement les ménages (-13 euros par mois pour un salarié au Smic) déjà fiscalement fragiles. Selon les informations actuelles, l’augmentation, si elle venait à survenir, ne représenterait toutefois que de 0,2 à 0,5 points.

De son côté, la hausse des cotisations pourrait également permettre de récupérer à plus ou moins court terme les 7Mds manquants. Aucune information n’a cependant filtré à l’heure actuelle sur la valeur de la potentielle majoration. Le Medef dénonce cette piste, indiquant que toute nouvelle charge sera nuisible pour les entreprises en ces temps de crise.

Quant au relèvement de la durée d’assurance (actuellement à 41,5 ans pour la génération 1956 mais en passe d’aboutir à 42 ans), le rapport Moreau, remis en juin, préconise un trimestre de plus tous les 3 ou 4 ans. Une recommandation qui allonge la durée d’assurance à 44 ans pour la génération 1989. Le gouvernement semble juger cette solution de façon favorable mais les gains enregistrés ne pourraient être visibles qu’à long terme.

Tout devrait donc se jouer dans les jours prochains, quand les ministres concernés auront entendu les avis et oppositions des différentes organisations. Le projet de loi sera ensuite officiellement dévoilé “cette semaine ou celle d’après” afin d’être étudié par le Conseil d’État en temps et en heure, pour ensuite être examiné en Conseil des ministres le 18 septembre prochain.


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