Les parents d’élèves comprennent-ils l’assurance scolaire ?

Selon les associations de parents d’élèves, trop peu de parents savent réellement ce qu’est l’assurance scolaire et à quoi elle sert.

En ce jour de rentrée des classes, de nombreux parents vont se voir rappeler la nécessité d’avoir une assurance pour couvrir leurs enfants dans les activités scolaires et extrascolaires. Bémol, leur connaissance en la matière semble particulièrement pauvre. Quelle couverture choisir ? Pourquoi souscrire une assurance scolaire plutôt qu’un autre contrat ? Est-elle obligatoire ? Entre manque d’information, doutes, et confusions, deux associations de parents d’élèves ont exprimé leur ressenti.

Un indéniable manque d’informations

En règle générale, l’assurance, qu’importe ce qu’elle protège, reste difficile à comprendre pour les consommateurs. Alambiquée, technique, peu prennent réellement la peine de se plonger dans les secrets qu’elle renferme. Peu…jusqu’au jour où survient un sinistre et que l’assuré, victime, doit directement s’y frotter. Malgré lui. L’assurance scolaire ne déroge pas à cette tendance. “C’est vraiment le problème principal et récurrent avec l’assurance scolaire, les parents n’y comprennent rien. A chaque rentrée, ils se ré-interrogent en se demandant si finalement elle est vraiment utile. Il y a donc un réel souci à leur faire comprendre en quoi elle peut être nécessaire, et en fonction de quels critères ils doivent la choisir” explique Hervé Jean, Secrétaire Général de l’Apel (Association de Parents d’élèves de l’enseignement libre).

Pourquoi une telle incompréhension ?

La cause de cette incompréhension reviendrait à ce paradoxe qui édicte que l’assurance scolaire n’est pas obligatoire mais que l’enfant doit être impérativement assuré au cours de ses activités scolaires et extrascolaires. Assuré donc finalement par qui? Par quoi? “Ce qu’ils n’arrivent pas à comprendre c’est si leur enfant est couvert par l’assurance multirisque habitation (MRH). Ils n’y voient pas clair entre responsabilité civile et individuelle accidents rajoute Hervé Jean. Ainsi convient-il de rappeler que la responsabilité civile protège l’enfant contre les dommages qu’ils causent (corporels, matériels et immatériels) alors que l’individuelle accident lui garantit la prise en charge, selon limitations, des blessures qu’il subit.

Anna Ang, Secrétaire Générale de l’UNAAPE (Union Nationale d’Associations Autonomes de Parents d’élèves) met le doigt sur un autre problème : des organismes d’assurances, habitation notamment, délivrent des attestations d’assurance scolaire alors que la couverture qu’ils proposent n’est pas une assurance scolaire. “Il y a eu tout un mouvement de recul de l’assurance scolaire qui a commencé comme ça. Les gens ont reçu des attestations qui semblaient faire office d’assurance scolaire, ont du penser qu’ils étaient sur-assurés et qu’ils n’avaient donc pas besoin d’avoir de couverture en plus, en doublon.

Les parents d’élève ont-ils besoin de souscrire une assurance scolaire quand leur contrat habitation propose de couvrir leur enfant ?

Les associations de parents d’élèves recommandent l’assurance scolaire

La majorité des associations de parents d’élèves sont aujourd’hui en capacité de proposer des contrats d’assurance scolaire à leurs adhérents. Spécifiques et négociées, ces souscriptions ont l’avantage de combiner des garanties complètes à un tarif plus économique. Cependant, au delà de favoriser le prosélytisme, les associations recommandent la contraction d’une assurance scolaire.
“Le grand problème avec les assurances est que l’on trouve toujours ça trop cher. Mais le jour où il y a un vrai pépin et que l’on découvre que l’enfant n’est pas couvert, ça devient dramatique. Nous avons tendance à conseiller les parents de bien vérifier que leur assurance multirisque habitation possède une extension individuelle accident, et le cas échéant de souscrire une assurance scolaire” précise Hervé Jean de l’Apel. Anna Ang de l’UNAAPE soulève un point d’autant plus pertinent : “Nous ne poussons pas à la consommation, on est pas marchand de tapis. Mais on la recommande pour tout le supplément qu’elle apporte (ndlr. vol de cartable, matériel scolaire, vélo, instrument de musique, racket…) Alors l’assurance scolaire oui, mais attention à regarder jusqu’à quelles hauteurs financières les dommages sont pris en charge. Si l’enfant fait 40.000 euros de dégâts, la couverture de l’assurance suffira-t-elle ? Il est arrivé que certains parents aient de sacrées surprises !


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