Grippe H1N1 : début de la vaccination des femmes enceintes et bébés de plus de 6 mois

La vaccination contre la grippe H1N1 commence aujourd’hui dans les centres de vaccination pour les femmes enceintes et les bébés de plus de six mois, le vaccin spécifique sans adjuvant ayant été autorisé lundi par l’agence française du médicament.

Ce vaccin – le Panenza de la firme Sanofi-Pasteur – sera disponible en présentation individuelle unidose, même si la présentation multidoses sera la plus fréquente. Sanofi-Pasteur a déjà livré aux responsables français 1,4 million de doses de ce vaccin, au prix de 6,25 euros HT. Une deuxième livraison devrait intervenir “avant la fin de l’année”, dit-on au ministère.

Dérivé du vaccin anti-grippe saisonnière, le Panenza est produit, comme la grande majorité des autres vaccins, sur oeufs embryonnés. Des demi-doses sont prévues pour les bébés de plus de six mois (les moins de 6 mois ne peuvent être vaccinés).

Les femmes enceintes en deuxième ou troisième trimestre de grossesse, dont le nombre est estimé à environ 400.000, les bébés de 6 mois à 23 mois sans facteur de risque particulier, qui seraient à peu près 1,1 million, seront destinataires au premier chef de ces vaccins sans adjuvant, ainsi que les personnes immunodéprimées (ayant subi des transplantations d’organes, souffrant de maladies auto-immunes graves…).

Pour les femmes enceintes en premier trimestre de grossesse le rapport bénéfices/risques est favorable aussi, mais “les risques de pneumopathie grave augmentent avec l’avancement de la grossesse”, note Jean Marimbert, directeur général de l’Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Et les stocks sont limités.

Des vaccins non adjuvantés sont recommandés pour ces populations particulières parce qu'”on ne dispose pas de données suffisantes sur l’innocuité à terme des vaccins adjuvantés”, indiquait-on lundi matin à l’Afssaps. Les adjuvants sont couramment utilisés dans les vaccins pour stimuler la réponse immunitaire, et femmes enceintes et nourrissons ont un système immunitaire plus fragile.

Le Panenza “ne sera pas disponible dans des quantités comparables aux vaccins adjuvantés”, souligne M. Marimbert. En effet, faute d’adjuvant, le processus de fabrication impose d’utiliser pour chaque dose deux voire quatre fois plus d’antigène.

Contrairement aux vaccins déjà disponibles, il n’y aura besoin que d’une injection pour les adultes de moins de 60 ans et les enfants de plus de neuf ans. Une deuxième dose est recommandée, au moins trois semaines après, pour les autres.

En effet, selon les essais réalisés, l’immunité est “très bonne” dès la première dose de vaccin pour les les neuf à 60 ans. Une estimation qui devra être réévaluée en cas de prolongation de la pandémie au-delà de l’hiver ou de mutation du virus.

Avec une seule dose nécessaire, les besoins seront donc couverts avec les doses actuellement disponibles pour les populations visées.

Enfin, la présentation pour ce vaccin en doses individuelles lève un des obstacles principaux à la vaccination par les médecins de ville, pour autant que les autorités sanitaires en acceptent le principe.

Pour aller plus vite, la France a conduit l’évaluation de ce vaccin dans le cadre d’une procédure européenne décentralisée, qui devrait être validée dans cinq autres pays, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie et le Luxembourg.

En France, la vaccination contre la grippe H1N1 pour le grand public a commencé jeudi sans grand enthousiasme.

Paris, 20 nov 2009 (AFP)


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