Exclusif : 73% des assurés refuseraient de transmettre leurs données personnelles à leur assureur

Selon un sondage exclusif News Assurances, 73% des assurés refuseraient de transmettre leurs données personnelles à leurs assureurs, et ce même contre une réduction tarifaire.

Dans un sondage intitulé : “Seriez-vous prêts à transmettre des données personnelles à votre assureur pour payer moins cher ?“, mis en place entre le 23 septembre et le 14 octobre 2014, News Assurances a récolté 343 réponses d’internautes. Ainsi, 250 soit 73% ont répondu par la négative à la question, 96 (28%) ont répondu oui et 3 ne se prononcent pas (0,87%).

Ainsi parmi les répondants, une large majorité reste réfractaire et refuse de partager leurs informations personnelles avec leur compagnie d’assurance, même si cela impliquait une baisse de leur cotisation annuelle.

Le “non” dans le détail

Lors de ce sondage, les assurés ont pu exposer les raisons de leur refus par une phrase explicative. Ainsi, parmi les répondants ayant accepté de justifier leur réponse (28,4%), 61,97% mettent en avant l’argument de la protection de leur vie privée. Tandis que 25,35% des sondés ayant argumenté leur réponse font, quant à eux, valoir le manque de confiance qu’ils ont en leur assureur pour gérer leurs données privées.

Ainsi un répondant du 8 octobre 2014 écrit “mes données m’appartiennent, je refuse qu’elles soient exploitées.“,  un autre sondé argumente : “la relation avec un assureur doit rester confidentiel et à l’abri de tout piratage. De plus, une relation privilégiée doit se construire pour favoriser un climat de confiance, ce que ne procurera pas une relation via le web.” Enfin un troisième indique “le risque de dérives et d’exploitation ciblée va à l’inverse des principes de la mutualisation des risques“.
L’inquiétude principale des assurés porte essentiellement sur ces deux éléments : la protection de la vie privée et la gestion des données personnelles par une entreprise privée qui pourrait à terme commercialiser ces informations.

Le “Oui” détaillé

Parmi les assurés ayant répondu par l’affirmative, soit 96 (28 %), 21,87% mettent en avant une réduction tarifaire. Il faut tenir en compte que les sondés ayant répondu par l’affirmative ont plus volontiers justifié leurs réponses que les réfractaires (71,6%  de réponses non justifiées pour le non contre 65,63% pour le oui).

Ainsi, parmi les réponses argumentées 63,64% indiquent être prêt à céder des données personnelles en échange de baisse des cotisations : “Parce que les petits risques devraient être récompensés” indique un assuré, tandis qu’un autre argumente de la sorte “pour mieux couvrir les risques éventuels en adaptant au plus juste les contrats“, enfin l’argument le plus récurrent reste “pour payer moins cher“. Il s’agit d’assurés connaissant finalement bien la problématique.

En deuxième position parmi les réponses argumentées, 18,18 % des assurés indiquent accepter de céder leurs informations personnelles à condition que leurs données soient préservées et à usage ciblé. Ainsi un internaute écrit “j’accepterais de céder mes données personnelles à la condition que le site sur lequel j’envoie mes données personnelles soit “verrouillé” comme les sites bancaires.”

Pour conclure, selon le sondage News Assurances, les assurés restent encore réfractaires à la transmission de leurs données personnelles à leurs compagnies d’assurances, notamment parce que d’une part les Français restent jaloux de la vie privée, mais aussi parce qu’ils n’ont pas confiance en leurs assureurs pour conserver leurs informations personnelles.


2 commentaires sur

  • Marie-Caroline Carrere Vues :

    M. Chappellier
    Bonjour,
    dans un premier temps, merci de votre commentaire.
    – Quand nous parlons de données personnelles nous évoquons notamment les données qui pourront être transmises par les bracelets électroniques, les balances connectées, les applications mobiles (nombre de pas effectués par jour, rythme cardiaque, exercice physique, tension, géolocalisation…)
    – La CNIL est en France le garant du respect des données personnelles, par ailleurs le “consentement éclairé” est tout relatif notamment quand on sait que très peu de Français lisent les conditions générales dans le détail.
    -Enfin, pour ce qui est des chiffres, le 27% est effectivement conséquent, néanmoins si on regarde dans le détail, parmi les personnes ayant répondu oui à la question du sondage seuls 6,17% des répondants confirment en justifiant leur réponse qu’ils donneraient leurs informations personnelles contre une baisse tarifaire. Ce qui reste considérable certes. Par ailleurs les assureurs se lanceront-ils dans l’aventure avec moins d’un tiers des Français prêts à jouer le jeu?

  • S.Chappellier Vues :

    Quelques réflexions à ce sujet :

    -Qu’entend-on par « données personnelles »? Certain(e)s pourraient dire que leur âge est une « donnée personnelle », d’autres pourraient dire que le fait qu’ils fassent des « freinages brusques » lorsqu’ils conduisent n’est pas une « donnée personnelle ».

    -Si un assureur souhaitait avoir un accès à des "données personnelles" de ses assurés, ceci ne pourrait se faire qu'avec le consentement éclairé de ce dernier (dans le respect des lois et règlements – cf. CNIL). Il n’y a donc uniquement que ceux qui veulent partagés leurs données qui le pourront.

    -27% des assurés qui pourraient être attiré par une baisse tarifaire en contrepartie d’une échange de données « personnelles », c’est considérable quand on faire un parallèle avec les inquiétudes liés à la Loi Hamon où il suffirait que moins de 10% des assurés changent d'assureurs pour que le business model des assureurs doivent être révisé : en effet, un passage d’un autre de résiliation de 16% actuellement en auto à 25% entrainant une durée de rétention passant de 6 ans à 4 ans, obligeant d’amortir des frais d’acquisition plus élevé sur une durée en portefeuille plus courte (effet ciseau classique).

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