Marché : Pour séduire les assurés, la Maif mise sur l’économie collaborative

L’assureur mutualiste Maif a présenté jeudi son plan stratégique pour 2015-2018, avec lequel il souhaite accroître ses parts de marché en misant notamment sur l’économie collaborative, après une année 2014 marquée par une nouvelle hausse de ses résultats.

Le précédent plan (2009-2014) a permis une “rénovation” du groupe, avec une réorganisation de son réseau et de ses systèmes informatiques, qui “constitue un socle solide pour le nouveau plan“, a estimé le PDG du groupe, Dominique Mahé, lors d’une conférence de presse.

Notre marché évolue et suit de nouvelles règles: l’usage prime sur la propriété, il y a des exigences nouvelles dans l’immédiateté des réponses et les clients sont de plus en plus experts“, a-t-il expliqué.

Dans un marché de l’assurance dommages saturé, avec de plus en plus d’acteurs, l’utilisation accrue des comparateurs de prix et une plus grande facilité à changer d’assureur grâce à la loi Hamon, la Maif mise sur ses valeurs pour se différencier.

Nous avons l’ambition de devenir le partenaire de référence de l’économie collaborative. On souhaite développer ce segment de l’économie de partage, qui est proche de nos valeurs“, indique le directeur général Pascal Demurger.

Pour cela, le groupe souhaite à la fois assurer les jeunes pousses de cette nouvelle économie mais aussi prendre des participations dans des start-ups, via un fonds dédié qui sera créé cet été.

Sans préciser la taille du fonds, M. Demurger a précisé qu’il serait “très bien doté, de plusieurs dizaines de millions d’euros“.

Ces derniers mois, l’assureur a multiplié les partenariats dans ce secteur (Ouishare, Koolicar, GuestToGuest) et détient aujourd’hui environ une dizaine de millions d’euros de participations dans diverses start-ups.

La Maif compte aussi sur ces nouveaux partenaires pour moderniser son image et profiter de leur culture de l’innovation.

Avec le précédent +d’ubérisation+ (en référence à Uber, spécialisé dans les voitures de transport avec chauffeur) de l’économie, les entreprises de l’ancienne économie ont forcément les yeux rivés sur ce secteur. Dans l’assurance, un nouvel entrant de cette nature peut bouleverser le marché“, explique M. Demurger, évoquant la possible arrivée du comparateur Google ou d’un acteur qui réinvente le modèle.

Entre 2009 et 2014, le groupe a doublé ses fonds propres (à 2,2 milliards d’euros) et multiplié son bénéfice net par près de 40 (194 millions d’euros en 2014).

Avec un ratio combiné (coût d’indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues) à 98,2%, il fait mieux que le marché, “ce qui pourra continuer à se traduire par une grande modération dans les tarifs dans les années à venir“, a indiqué M. Demurger.

Le chiffre d’affaires a augmenté de 3,5% en 2014, à 3,27 milliards d’euros, tiré principalement par l’arrivée de nouveaux sociétaires (44.214 nouveaux assurés en 2014).
Le groupe assure désormais 3,06 millions de personnes, avec des gains de contrats supérieurs aux objectifs. Sur le début de 2015, la dynamique de croissance se poursuit, a précisé le directeur général.

En assurance-vie, la collecte nette s’établit à 303 millions d’euros l’an dernier (+46%). Alors que moins de 5% du stock est composé de contrats en unités de compte (UC), M. Demurger a fait valoir la nécessité de réorienter une partie de la collecte vers les UC pour avoir une meilleure répartition.


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