Santé : les Français ont du mal avec l’assurance dépendance

Alors que la dépendance se place de plus en plus au centre de préoccupation des ménages français, une enquête de l’Insee montre qu’ils ne sont pas prêts à financer leur dépendance.

Le vieillissement de la population, les successives réformes des retraites et la crise font que les Français s’inquiètent de plus en plus de la dépendance. Comment la financer ? Quelle place occupera-t-elle ? Beaucoup sont conscients qu’il faut se préparer en cas de perte d’autonomie. Peu le font, et nombreux sont les Français qui comptent sur l’État pour la financer.

Une étude Economie et Statistiques de l’Insee parue ce jeudi, indique que “malgré les restes à charge pour les familles potentiellement conséquents, peu d’individus disposent à ce jour d’une couverture assurantielle“.

Une société peu équipée

En gros, même si le risque de dépendance est de plus en plus élevé avec l’allongement de la durée de vie, peu sont les Français qui se disposent à assumer cette charge supplémentaire. D’ailleurs, au moment de préparer financièrement la perte d’autonomie, on ne prend pas forcément les dispositions pour soi-même, mais souvent pour nos parents ou nos grands-parents. Le poids économique que représente ce nouveau mal social grève sérieusement le budget des Français. Une maison de retraite coûte extrêmement cher.

Les besoins de financement du risque dépendance seront, selon toute vraisemblance, supérieurs à ceux du risque retraite après 2050“, constate l’Insee, une vraie problématique sociétale se dessine donc à l’horizon, or même les assureurs qui généralement sont sur le pont et en avance sur ce genre de préoccupations semblent se désintéresser du sujet du fait du manque de demande.

En effet, le taux d’équipement est extrêmement bas en la matière. “En 2010, selon la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), 5,5 millions d’individus détenaient une couverture dépendance par le biais d’une société d’assurance, d’une mutuelle ou d’une institution de prévoyance. Les garanties sont néanmoins très variables suivant le type de contrat si bien que moins de 2 millions d’individus peuvent être considérés comme réellement couverts à long terme. Une majorité d’assurés dispose en fait d’une couverture renouvelable associée à un contrat santé et des garanties sous forme de rentes relativement modestes “.

L’assurance dépendance obligatoire serait-elle une solution ?

Ainsi, “même au sein d’une population présentant les préférences les plus favorables à la souscription d’une assurance, les simulations montrent que le taux d’équipement ne dépasserait pas 20 %. Le recours accru à la prévoyance individuelle par le biais d’une généralisation des couvertures assurantielles privées apparaît donc difficilement envisageable à moins d’une forte évolution de l’offre d’assurance ou d’une régulation publique incitant ou contraignant la souscription d’une assurance“, indique l’Insee.

Selon l’organisme, à terme, l’État ne serait pas en mesure de financer la dépendance des Français. Une des solutions serait donc d’inciter ou d’obliger la population à s’assurer contre ce risque.

Un produit peu attractif

La faiblesse du taux d’équipement est surtout due au fait que l’assurance dépendance est un produit peu attractif, car si l’assuré ne tombe jamais dans la dépendance, ses cotisations seront perdues.

L’assurance dépendance est, ce que l’on appelle, un contrat à fonds perdu. Ainsi les Français préfèrent miser sur l’assurance-vie, le Perp ou encore le PEL et s’assurer de récupérer leur épargne dans tous les cas, qu’ils deviennent dépendants ou non.


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