Edito : Christine et les comparateurs d’assurances

Contrainte d'admettre que les hausses de tarifs en assurance sont justifiées, Christine Lagarde incite le consommateur à faire jouer la concurrence. Les comparateurs se frottent les mains et se ruent dans la brèche entrouverte par la ministre de l'Économie.

Contrainte d’admettre que les hausses de tarifs en assurance sont justifiées, Christine Lagarde incite le consommateur à faire jouer la concurrence. Les comparateurs se frottent les mains et se ruent dans la brèche entrouverte par la ministre de l’Économie.

« Venez comparer chez moi », « non plutôt chez moi, je suis le numéro 1 », « Oui mais moi j’ai été le numéro 1 en nombre de visiteurs sur le mois d’octobre 2010 », « et moi je suis indépendant des assureurs »… Qu’ils aient un nom évoquant un félin chassé pour sa fourrure, un parc d’attraction ou encore un supermarché, à chacun son discours pour appâter le chaland. Les rabais affichés ont en plus le mérite d’être alléchants -30%, -50%, voire -60%.

De quoi faire réfléchir le client qui a vu sa cotisation auto grimper de 5%, sa prime habitation de 4% et sa complémentaire santé de 8% en moyenne. De surcroit la ministre de l’Économie incite le client à se pencher sur les offres de plusieurs compagnies d’assurances. Une aubaine pour les sites de comparaison en pleine période de renouvellement des contrats.

Comparer les comparateurs !

Car à moins d’aller sur les sites de tous les assureurs ou de faire le tour des agences, la solution de facilité est bien évidemment de passer par ces portails internet. Ils promettent tous les meilleurs rabais du marché à grands renforts de témoignages – publiés sur leurs sites – à propos la qualité exceptionnelle de leurs prestations. Il serait d’ailleurs intéressant de rencontrer ces personnes dont la vie semble avoir littéralement basculée le jour où elles sont passées par un comparateur.

Pour aller au-delà de cette communication classique, mais qui sonne faux, le mieux reste de comparer les comparateurs. Car à profil identique, nous avons par exemple noté des différences de tarification avoisinant les 10% selon les sites. Preuve qu’ils n’offrent pas tous les meilleurs rabais du marché…

Les vilains petits canards

Pour bénéficier des remises les plus intéressantes, une condition tout de même : être le conducteur idéal. Ce dernier a une petite voiture, le permis depuis plus de 10 ans, un bonus au maximum, un garage fermé, sécurisé et prend les transports en communs pour se déplacer.

A la moindre incartade, même une fois, pour alcoolémie au volant ou contrôle positif aux stupéfiants, ou pour les « malussés », les comparaisons de produits d’assurance sont pratiquement inexistantes. Car ils ne font pas partie des profils intéressants. Trop risqué ! Pourtant avec des contrats dépassant allègrement les 1.300 euros par an, ils seraient les plus enclins à faire jouer la concurrence, justement.


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