Santé au travail : Un Français sur quatre dit avoir été victime de discrimination

Plus d’un Français sur quatre affirme avoir été victime de discrimination au travail, et plus d’un tiers en ont été témoin. Des faits le plus souvent imputés au supérieur hiérarchique, selon un baromètre réalisé par l’institut CSA.

26% des agents de la Fonction publique et 28% des salariés du privé affirment ainsi avoir déjà été victimes de discrimination dans le cadre de leurs activités professionnelles, selon cette cinquième édition du baromètre, réalisée pour le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT).

Des chiffres en baisse mais qui restent élevés

Si ces chiffres sont stables dans le secteur public par rapport à décembre 2010, ils sont en baisse de cinq points dans le privé. La proportion des personnes qui disent avoir été témoins d’une discrimination est également en baisse, mais demeurent toutefois élevée, selon les auteurs du baromètre : ils sont 34% des agents concernés dans la Fonction publique (-8 points) et 38% des salariés du privé (-6 points).

Symptôme du contexte de crise, le nombre des salariés du privé affirmant ne pas réagir ou se taire en cas de discriminations subies ou vues enregistre en revanche une forte hausse (+11 points) pour atteindre 42%. Dans le public, ils sont 29% des agents dans ce cas (-2 points).

Le sexe, l’origine et l’âge sont les premières causes   

Du côté des facteurs de discrimination, les victimes évoquent principalement des différenciations liées au sexe, à la grossesse ou la maternité, ainsi qu’à l’âge pour les salariés du privé. Les témoins évoquent pour leur part des discriminations qui sont avant tout liées au sexe, à l’origine ethnique, à l’apparence physique et aux activités syndicales. L’auteur le plus fréquemment cité de ces discriminations est le supérieur hiérarchique.

A l’embauche, c’est d’abord le fait d’être issu de la communauté des gens du voyage qui apparaît comme étant le plus discriminant : 36% des sondés dans le public et 37% dans le privé, devant le handicap (36% et 35%) et le fait d’être atteint d’une maladie chronique (34% et 30%).

Le fait d’être transsexuel ou transgenre est également jugé pénalisant (30% des agents publics et 29% pour le privé), comme le fait d’être de nationalité étrangère (29% et 17%). Etre âgé de plus de 45 ans est aussi perçu comme un inconvénient par 29% des agents du public et 27% des salariés du privé. Vient ensuite le fait d’être séropositif (23% et 20%).

Un enjeu de taille pour les actifs

Ces facteurs sont considérés comme des freins à l’évolution de carrière. C’est pourquoi le baromètre montre que la lutte contre les discriminations est perçue comme un enjeu important par la quasi totalité des actifs : 98% des agents du public et 97% des salariés du privé.

Le sondage a été réalisé par téléphone du 12 au 18 décembre 2011, auprès d’échantillons représentatifs de 510 salariés du privé et de 500 agents de la Fonction publique, selon la méthode des quotas.

(Avec AFP)

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