Assurance-vie : Christian Noyer pour une baisse de la rémunération des contrats

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a déclaré nécessaire la baisse des taux de rémunération de l’assurance-vie. 

Les assureurs jouent-ils un jeu dangereux avec l’assurance-vie? En effet la collecte de l’assurance-vie explose, mais loin d’avoir des effets positifs, ce phénomène met les assureurs dans une situation risquée.

Pour rémunérer des contrats à capitaux “garantis”, les assureurs acquièrent sur 10 ans des obligations à des taux actuellement situés sous la barre des 2 %. Ces achats feront diminuer les rendements à moyen terme, certains pourraient même passer sous les 0,5 %, selon les prévisions de Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Good Value for Money, site spécialisé sur l’assurance-vie.

Un risque de faillite potentielle

Ce qu’il faudrait aux assureurs, aujourd’hui, c’est une collecte nette à 0“, indique Cyrille Chartier-Kastler, “une remontée des taux de la dette souveraine française est très hautement probable, après ça, la question est de savoir quand est-ce qu’elle aura lieu et à quelle vitesse.

Or si les taux d’intérêt remontent vite, les assureurs risqueraient de faire faillite, car les épargnants se retourneraient vers d’autres produits d’épargne tels que le PEL, le Livret A … “Cela forcerait les assureurs à devoir revendre leurs obligations à perte” explique C. Chartier-Kasler “ce qui pourrait entrainer une faillite du secteur de l’assurance” ajoute l’expert.

De son côté la FFSA cherche à calmer les assurés en indiquant que “les épargnants peuvent être rassurés de savoir que les taux que continueront à leur proposer les assureurs sur le long terme allieront prudence et rentabilité.

Une injonction aux assureurs

C’est donc pour éviter le scénario d’un naufrage du secteur financier que Christian Noyer indique qu’ “il est très important que les compagnies d’assurances soient capables de faire baisser leur taux de rémunération et j’attends cette année une baisse significative“, a déclaré M. Noyer lors d’une audition devant la commission des finances du Sénat qui a ajouté “je veillerai à ce que les compagnies d’assurances le ­fassent. Nous ne voulons pas qu’elles se mettent en risque“.

Le gouverneur a toutefois précisé qu’il s’attendait à ce que les taux d’intérêt évoluent “en douceur“. C’est d’ailleurs pourquoi beaucoup d’assureurs cherchent à réorienter leurs épargnants vers des assurances-vie en unités de compte, les fonds n’étant pas dépendants des rendements obligataires.


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