L’assurance-vie reste-t-elle un placement intéressant ?

Elle caracole en tête des placements préférés des Français et ne cesse de creuser l’écart avec les pourtant si rassurants Livret A et Livret de Développement Durable. Ses taux ont pourtant parfois baissé, et sa fiscalité avantageuse a souvent été menacée : a-t-on raison de toujours croire en l’assurance-vie ?

Investissement de « bon père de famille », au rendement garanti s’il est indexé sur les fonds en euros, l’assurance-vie est un placement qui répond toujours à ses promesses en matière successorale (exonération des droits de succession sous certaines conditions et dans certaines limites) ainsi que pour complémenter une retraite (par la constitution d’un capital ou d’une rente sous un régime fiscal intéressant). Malgré la baisse des taux, le rendement moyen des fonds en euros des contrats d’assurance-vie atteignait 2,5% en 2014, selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), ce qui en fait un placement moins rentable que les années précédentes mais toujours aussi avantageux… du moins sur le court-terme.

Il y a en effet le risque toujours possible d’un durcissement de sa fiscalité. L’assurance-vie a jusqu’ici été toujours protégée des réformes politiques car, au travers de ses fonds en euros, c’est elle qui finance pour beaucoup les emprunts du Trésor Public. Le risque reste cependant toujours présent, l’Etat pouvant concevoir d’autres dispositifs pour placer ses obligations.

Plus grave cependant reste le couple inflation/baisse des cours de l’euro qui pèse sur l’avenir du rendement des assurances-vie. Et ce d’autant plus que le secteur de l’assurance est contraint toujours plus par le législateur de limiter ses performances pour allouer suffisamment de capital afin de couvrir les risques de son activité, façon « matelas de sécurité », comme l’a imposé la réforme réglementaire européenne Solvency 2.

Les assureurs ne semblent cependant pas réagir tous de la même manière à ces contraintes structurelles et politiques, et les taux de rendement en 2015 vont toujours chez certains bien au-delà des 4%. Il faut le rappeler en effet, les taux de l’assurance-vie ne sont pas fixés par l’Etat comme ils le sont pour un livret A.

Il ne faut donc pas hésiter à faire jouer la concurrence et à bien étudier le marché avant de souscrire à une assurance, car d’autres éléments pèseront également dans la facture : frais d’entrée, frais de gestion, frais d’arbitrage… dont les montants fluctuent selon les assureurs. Il faudra également élaborer une excellente stratégie fiscale dans la gestion de son/ses assurances-vies, diversifier les versements, planifier les rachats.

Placement incontournable, l’assurance-vie n’est donc pas un produit facile, et dans un contexte toujours plus dur, exige une gestion éclairée afin qu’elle reste une valeur sûre du portefeuille des Français.


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