Accrobranche / Argelès : L’indemnisation des victimes foudroyées jette le trouble

Foudroyées lundi en pleine activité accrobranche dans le parc Chloro’Fil d’Argelès, 5 personnes sont aujourd’hui hospitalisées. Alors que 3 d’entre elles présentent des blessures graves, les 2 autres semblent hors de danger. Un incident sérieux qui jette le trouble. Qui doit porter la responsabilité dans cet accident ou un élément naturel rentre en compte ? A qui revient-il d’indemniser les victimes ?

Parmi les 5 victimes foudroyées lundi, 3 attestent actuellement d’un état grave : un enfant de 4 ans, une monitrice du parc d’une vingtaine d’années et une « accrobrancheuse » de 42 ans. Entre paralysie des fonctions nerveuses, état d’inconscience et brûlures multiples, ils ont été admis en urgence dans les hôpitaux de proximité. De profondes lésions sont a redouter.

Deux adolescents de 14 ans, également touchés, ont été plus chanceux. Leurs jours ne sont pas comptés.

La délicate question de l’indemnisation

Au regard de la situation, il semblerait tout indiqué que le parc assume la prise en charge de l’indemnisation des victimes. « Nous ne savons pas du tout comment ça va se passer. J’imagine que notre assurance va fonctionner au titre de notre responsabilité civile professionnelle. Les personnes atteintes doivent choisir de déposer une plainte contre nous ou pas » indique Matthieu Mathis, gérant de Chloro’Fil.

Et pourtant ce n’est pas si simple, la foudre intervenant comme un événement climatique non catastrophique, et surtout imprévisible, elle n’incombe pas à une faute directe du parc. Ce que pourraient l’être par exemple des installations hors normes, un matériel défectueux ou un baudrier dangereusement usagé.

Dans le cas de cet orage de chaleur, aucune alerte météo n’a été reçue au préalable par la Préfecture. Impossible de prévoir donc l’issue des évènements. Estimant par le biais de l’enquête que l’évacuation s’était opérée selon les consignes de sécurité, les forces de l’ordre ont autorisé Chloro’Fil a rouvrir ses portes un jour après l’incident. Rien n’incrimine le parc a l’heure actuelle.

L’avis d’un assureur

Pour tenter de démêler la complexité de ce processus d’indemnisation, News Assurances a tenté de recueillir l’information à la source, auprès de Groupama, l’assureur du parc. Si ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer, Verspieren, courtier en assurances, nous a toutefois fourni quelques pistes et clés pour y voir plus clair.

« La responsabilité du parc ne pourra pas jouer car la foudre est un élément naturel extérieur incontournable, un cas de force majeure. Une expertise devrait être lancée pour examiner les lieux mais à priori Chloro’Fil n’a rien à se reprocher. Ils ont commencé à évacuer dans les 5min après éclatement de l’orage mais ont été pris de vitesse » explique le courtier Verspieren.

La question de l’indemnisation reste donc entière. Elle révèle toutefois le vide du cadre légal en terme de dommages corporels causés par la foudre et responsabilité du préjudice. « C’est la première fois en Europe que la foudre tombe sur un parc de loisirs » précise Matthieu Mathis.

Rappel des faits

A 14h30 lundi 20 aout, la foudre s’abat en plein cœur du parc accrobranche Chloro’Fil, à Argelès dans les Hautes-Pyrénées. En atteignant directement un arbre pourvu de câbles métalliques, l’électricité s’est propagée sur les installations en suspension. « Lorsque nous avons été informés de l’arrivée d’un violent orage de chaleur, nous avons immédiatement donné l’alerte pour faire évacuer le parc » raconte Matthieu Mathis, gérant de Choloro’Fil. Mais le temps manque et la nature ne patiente pas. Lorsque la foudre frappe violemment, 5 personnes encore présentes dans l’enceinte des lieux sont touchées. « Un parc de cette envergure nécessite un laps de temps de 20 min pour être complètement vidé » explique Matthieu Mathis.


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