Si la crue de la Seine de 1910 revenait, votre maison serait-elle inondée?

7,2% des franciliens vivent en zones inondables. En cas de crue historique de la Seine comme en 1910, ils ne seraient pas protégés.

Depuis 60 ans, l’Île-de-France est épargnée par des crues majeures de la Seine et les esprits se sont un peu ensommeillés… Dans un scénario dessiné par l’OCDE, de crue historique semblable à celle de 1910 (à plus de 8M au niveau de l’échelle d’Austerlitz), Paris résisterait grâce à ses berges, murettes et aux travaux d’aménagements réalisés depuis un siècle (barrages en amont, creusement du lit du fleuve…), mais la banlieue non.

Contrairement aux autres grandes métropoles qui ont protégé de grandes zones urbaines, fluviales et côtières de ce type d’événement exceptionnel, Paris n’a pas élargi ses protections aux départements limitrophes.

600.000 habitants seraient directement affectés. Les départements de la petite couronne n’étant pas protégé, l’eau y déborderait sur de larges zones. Le Val-de-Marne (surtout le Nord) et les Hautes de Seine (surtout Nord et Gennevilliers) seraient très exposées. 100,000 habitations pourraient être inondées et les occupants devraient subir deux semaines de hautes eaux et une décrue caractéristique très lente de l’ordre de deux mois.

100,000 habitations inondées

A Paris, le 1er, 5e, 7e, 8e,12e, 13e seraient vulnérables. 140 km de ligne de métro sur 250km devraient être fermés préventivement. Trois gares ferroviaires (Saint Lazare, Lyon, Austerlitz) et tous les RER éprouveraient de très fortes perturbations. Les ponts parisiens seraient coupés à la circulation.

L’OCDE, l’organisation regroupant une trentaine de pays développés, pointe ces faiblesses de protection et de gestion du risque en Ile-de-France alors que le bassin est devenu la deuxième zone économique d’Europe et capte un tiers de la richesse produite en France.

L’organisation critique l’absence de vision d’ensemble du risque dans le bassin de Seine, la fragmentation des politiques de prévention contrairement à celles bien gérées de la Loire ou du Rhône.

L’urbanisation très importante et les interdépendances des infrastructures critiques (électricité, transport, eau, télécom, chauffage) ont pourtant considérablement accru le risque d’exposition, alerte l’OCDE. 7,2% des franciliens vivent en zone inondables ainsi que 9,5% des entreprises.

Scénario encore plus noir

Dans un scénario encore plus grave, avec un débit 15% plus élevé que celui de la crue de 1910, Paris ne pourrait résister à l’assaut des eaux au delà de 9M de crue. Un million d’habitants serait touché par un mois d’inondations. A cause de la probabilité d’infiltration des eaux, 1,5M de clients se retrouveraient sans électricité et 6,5M d’abonnés n’auraient plus d’eau (ou dégradée).

Les assurés restent bien protégés par le système français de régime de catastrophes naturelles. Mais les finances de l’État seraient aussi très affectées. L’OCDE chiffre de 3 à 30Mds d’euros le coût économique d’une crue de grande ampleur.


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