Indemnisations marées noires : Retour sur sept grandes catastrophes de ces 50 dernières années

Amoco Cadiz, Erika, Exxon Valdez, ces noms résonnent comme autant de souvenirs douloureux de catastrophes industrielles et écologiques dont les effets, pour certaines, sont encore visibles et continuent de se faire sentir. Ces 50 dernières années, les marées noires se sont succédé au rythme des dégazages, des naufrages de navires ou dernièrement des explosions de plateformes pétrolières. De véritables désastres aux coûts financiers bien souvent exorbitants. Retour sur une histoire sombre du trafic maritime.

1967 : le Torrey Canyon : le monde découvre les marées noires
Le 18 mars 1967, le Torrey Canyon, un pétrolier de l’Union Oil Company of California s’abîme entre les îles Sorlingues et la Grande-Bretagne. 120.000 tonnes de pétrole se déversent dans la Manche. Portées par les courants elles atteignent les côtes françaises et britanniques. C’est la première grande catastrophe écologique en Europe due à une marée noire. Elle inspirera d’ailleurs Serge Gainsbourg qui en fera une chanson dans son album « Initials B.B » sorti en 1967. Pour les États français et anglais, la facture s’élève à 6M d’euros.

1978 : l’Amoco Cadiz : une catastrophe écologique
le 16 mars 1978, presque 11 ans jour pour jour après la catastrophe du Torrey Canyon, l’Amoco Cadiz, pétrolier de la compagnie américaine Amoco Transport, s’échoue au large de la Bretagne. 230.000 tonnes de pétrole s’échappent des cuves du supertanker. C’est un véritable désastre écologique – aux alentours de 10.000 oiseaux marins périssent – mais également économique. La justice américaine évalue en effet à 218M d’euros le préjudice subi par l’État français et les communes sinistrées. Une somme entièrement payée par les compagnies Amoco et Shell.

1980 : le Tanio : les Bretons à nouveau sinistrés
Le trafic maritime s’intensifiant, les marées noires deviennent de plus en plus fréquentes. La Bretagne à peine remise de la catastrophe de l’Amoco Cadiz est à nouveau la victime du naufrage d’un pétrolier. Le 7 mars 1980, le Tanio se brise en deux au large de l’île de Batz. 26.000 tonnes de pétrole finissent dans la Manche et sur les côtes. Le Fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (Fipol) créé au lendemain de la catastrophes du Torrey Canyon, procède à l’indemnisation de l’État français et des communes touchées, respectivement, à hauteur de 62M d’euros et 3M d’euros.

1989 : l’Exxon Valdez : la pire des marées noires
le 23 mars 1989, l’Amérique apprend, choquée, le naufrage de l’Exxon Valdez au large de l’Alaska. Près de 39.000 tonnes de pétrole brut se répandent sur quelque 800Km de côtes. Des dizaines de milliers de volontaires se mobilisent pour le nettoyage et le sauvetage des oiseaux entièrement recouverts de pétrole. De son côté, la société Exxon Mobil est condamnée à verser 3,4Mds de dollars pour le nettoyage des sites et l’indemnisation des victimes. A ce jour, c’est la marée noire la plus chère de l’histoire.

1992 : l’Aegan Sea : 100Km de côtes espagnoles souillées

Le 3 décembre 1992, c’est au tour de l’Espagne d’être touchée par une marée noire. Le 3 décembre 1992, l’Aegan sea se brise sur un rocher au large de la Corogne. 80.000 tonnes de fuel s’échappent des cuves et souillent plus de 100Km de côtes espagnoles. Le Fipol, le gouvernement espagnol et l’armateur se mettent d’accord sur le versement de 80M d’euros d’indemnisation.

1999 : l’Erika : le préjudice écologique face à la justice
le 12 décembre 1999, l’Erika se casse en deux au large de Penmarc’h. 37.000 tonnes de pétrole se déversent dans l’Atlantique et terminent sur les côtes françaises, portées par les courant. Une longue procédure judiciaire s’engage alors avec sur le banc des accusés, Total. Après, plus de 10 années de bataille devant les tribunaux, le justice française condamne Total, l’armateur Savarese, le gestionnaire du navire Pollara, ainsi que la société de classification Rina, en mars 2010, à verser 200M d’euros au titre des dommages provoqués par le naufrage de l’Erika.

2002 : le Prestige : toute la côte ouest de l’Europe est touchée
Le 13 novembre 2002, l’équipage du Prestige lance un mayday. Une brèche de 50m s’est ouverte sur le flanc droit du pétrolier. Au total, 77.000 tonnes de pétrole s’écoulent de ses cuves et souillent les côtes espagnoles, portugaises et françaises. En 2006, le gouvernement ibérique évalue la facture des dégâts causés par cette nouvelle marée noire à 1Md d’euros. Ils seront pris en charge par le Fipol, et le London-Club, la société d’assurances du navire.

Aujourd’hui, les côtes américaines sont à nouveau menacées par une marée noire à la suite de l’explosion d’une plateforme pétrolière, « Deepwater Horizon ». Elle pourrait bien détrôner celle de l’Exxon Valdez au rang de catastrophe la plus chère. Des analystes avancent le chiffre de 8Mds de dollars à la charge de BP au titre des amendes, indemnités et frais de nettoyage.

(Avec AFP)

CP : Petrus Barbygere-Flickr

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