Tempête Xynthia : la liste des zones inhabitables dévoilée jeudi

Des centaines de sinistrés du littoral de Vendée et de Charente Maritime, victimes fin février de la tempête Xynthia, sauront jeudi si leur maison pourra être reconstruite ou s’ils devront quitter définitivement une zone classée comme inondable et inhabitable.

Après un entretien mercredi à huis clos avec les maires des différentes communes concernées, les préfets dévoileront le tracé des zones rendues à la nature, où les habitations seront rasées contre indemnisation. « Il est hors de question de reconstruire la cuvette mortifère de la Faute-sur-Mer », avait prévenu fin mars le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot. Mais pour les propriétaires, « la grande crainte c’est d’être mal indemnisés », résume Thierry Demaegdt, président de l’association « Reconstruire Charron », commune du littoral charentais où deux enfants et leur grand-mère ont trouvé la mort le 28 février.

Le secrétaire général de la préfecture de Vendée, David Philot, a déclaré vendredi que « ce qui compte pour nous (l’Etat)… c’est que, assurances plus Etat, on arrive à 100% de la valeur du bien ». Les discussions entre l’Etat et les assureurs sur le montant des indemnisations se poursuivaient encore mardi, selon une source proche du dossier. Mais les discussions sont difficiles, car les contrats d’assurance n’indemnisent que la reconstruction d’une maison sur site. Pour dédommager les propriétaires, l’Etat devrait faire appel au Fonds Barnier (créé en 1995 pour l’indemnisation des biens fortement exposés aux catastrophes naturelles), déjà alimenté par les primes d’assurances.

Selon le Journal du Dimanche, le plan de destruction et d’indemnisation, concernerait de 1.300 à 1.500 maisons, pour un coût de 200M d’euros. Rien que dans le sud-Vendée depuis le passage de la tempête, 592 maisons ont été considérées temporairement ou définitivement inhabitables, dont 334 à La-Faute-sur-mer et 233 à l’Aiguillon-sur-mer. Dans cette région où les nerfs sont toujours à vif, une cellule d’écoute sera mise en place avec médecin, psychologue et infirmière. « Tout le monde se pose des questions, on attend avec impatience que des décisions claires soient prises et qu’elles soient prises en cohérence avec les assureurs », relève M. Machuron-Mandard de l’association de victimes de la Faute-sur-Mer (AVIF, www.lafautesurmer.net).

En Charente-Maritime, des habitants de Charron et d’Aytré se sont également organisés pour défendre leurs intérêts. Dans ce département, une dizaine de communes littorales ont été touchées par les inondations, principalement autour de La Rochelle mais aussi sur l’île de Ré (La Flotte-en-Ré) et sur Oléron (Boyardville). Environ « 170 foyers » ont été sinistrés à Aytré, dans l’agglomération de La Rochelle, et “une centaine d’habitations” pourrait être concernée par les futures zones inhabitables dans le quartier des Boucheleurs, zone résidentielle très touchée sur les communes d’Yves et Châtelaillon-Plage, selon le maire d’Yves Didier Roblin.

A Charron, commune limitrophe de la Vendée, le maire Jean-François Faget estime que “100 à 150 maisons” pourraient se trouver en « zone rouge ». Dans cette commune, une association a lancé l’élaboration d’une carte des intentions des sinistrés pour pouvoir la comparer avec ce qui va être décidé par les autorités. « Il y a tous les cas de figure (entre ceux qui veulent partir et ceux qui souhaitent rester), mais la grande crainte c’est d’être mal indemnisés », affirme M. Demaegdt. En France Xynthia a causé la mort de 53 personnes et endommagé quelque
4.000 maisons au total.

La Roche-sur-Yon, 6 avril 2010 (AFP)


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