Tempête Xynthia : pas de retours dans les zones à risques

Après la tempête Xynthia, qui a causé la mort de 53 personnes dans l’ouest et le sud-ouest, Nicolas Sarkozy a annoncé mardi en Vendée qu’il n’y aurait plus de construction en zone inondable et que les sinistrés ne pourraient pas revenir vivre là où existent des « risques mortels ».

Pour la deuxième fois depuis la « catastrophe nationale » du 28 février, le président de la République s’est de nouveau rendu dans les deux départements les plus touchés: la Vendée, qui, avec 29 morts, paie le plus lourd tribut, et la Charente-Maritime (12 morts). Selon les assureurs, les dégâts se montent à 1,5Md d’euros dans ces départements. 1.000 maisons ont été sinistrées et 767 personnes ont été évacuées en Vendée, la Charente-Maritime comptant de son côté 5.000 maisons sinistrées et 2.000 évacués, selon M. Sarkozy.

Le 1er mars, le chef de l’Etat était venu annoncer le déblocage d’une aide d’urgence de 3M d’euros, un « plan digues », un « plan ostréïculture » ainsi qu’une enquête interministérielle sur les causes de la catastrophe. Quinze jours plus tard, il est revenu pour « booster le processus » de reconstruction et dire aux habitants que « l’Etat ne laissera pas tomber les sinistrés de la tempête ».

« Je n’accepte aucun fatalisme dans l’analyse des causes de ce drame », a-t-il affirmé, lors d’un discours au Conseil général, à la Roche-sur-Yon. Selon lui, « la catastrophe du 28 février n’est pas seulement le produit d’événements climatiques », mais « aussi le résultat d’une cascade de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions non respectées, d’expertises négligées ».

Il a dit que sur 864 communes inondables en France, « seules 46 dispos(ai)ent d’un plan de prévention approuvé ». « La situation n’est pas meilleure pour les autres risques, incendies de forêts, risque sismique. Ce n’est plus tolérable », a-t-il déclaré. « Nous n’autoriserons aucune reconstruction » dans les zones où « il y a des risques mortels », a-t-il prévenu. Quelques heures plus tôt, à l’issue d’une réunion de travail à huis clos à la préfecture de Charente-Maritime à La Rochelle, il avait affirmé à la presse qu’il ne laisserait « pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a des risques mortels ».

« Je préfère assumer la colère » de certains habitants qui ne seront pas autorisés à revenir « plutôt que de mettre des vies en danger ». « Une fois, ça suffit! », s’est-il exclamé à La Roche-sur-Yon. « Naturellement, il ne s’agit pas de passer d’un excès à l’autre, il faut faire la différence entre les risque mortels et les petits risques d’inondation », a-t-il toutefois ajouté. M. Sarkozy veut également que “d’ici trois ans, toutes les communes situées dans les zones à risques soient couvertes par un plan de prévention des risques” (PPR).

Le président, qui s’est rendu à Charron (Charente-Maritime) puis à Bouin (Vendée), pour constater les dégâts (maisons détruites, agriculteurs ostréiculteurs sinistrés), a également annoncé la rénovation « de toute urgence » de 150 km de digues. « L’Etat prendra à sa charge 50% des travaux », a-t-il dit, alors que la consolidation d’un km de digue coûte 1M d’euros. Il a prévenu que l’Etat « s’opposera aux digues immobilières », car les digues « ne sont pas faites pour rendre viables les espaces qui peuvent être mortels ».

La-Roche-Sur-Yon, 16 mars (AFP)


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