Tempêtes Xynthia : aucune démolition systématique dans les « zones noires »

Les ministres se sont déployés sur le terrain jeudi pour clarifier le concept des zones noires, souligner les risques de danger et calmer la colère des propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia en levant le « malentendu » sur la démolition de leurs maisons.

« Il y a un malentendu sur lequel il faut qu’on s’explique », a déclaré le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo au cours d’une visite surprise à La Rochelle. « Il ne saurait être question de démolition systématique et autoritaire », a-t-il par ailleurs écrit dans une lettre aux élus concernés de Vendée et Charente-maritime, où 1.510 maisons ont été classées en « zone noire » après la tempête du 28 février.

A La Rochelle, le ministre a assuré que les autorités agissaient « dans un souci de solidarité » pour répondre à des problèmes de « sécurité » et de « valeur de biens ». Pour le secrétaire d’Etat au logement Benoist Apparu, c’est « une erreur de communication » qui a conduit beaucoup à penser que « zone noire = zone de destruction immédiate ». Il était donc nécessaire, selon lui, de « réexprimer la positon de l’Etat ».

Tout en répétant que les « zones noires resteront telles qu’elles sont », La secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno s’est livrée à La-Roche-sur-Yon à une explication de méthode sur les solutions proposées : rachat à l’amiable ou procédure d’expropriation arbitrée par les tribunaux. Pour ceux qui ne veulent pas de rachat amiable, il est prévu une « procédure de déclaration d’utilité publique qui suppose de faire une expertise maison par maison et de constituer un dossier qui établira s’il y a risque ou non et in fine c’est le juge des expropriations qui dira si j’autorise l’expropriation ou non », a-t-elle précisé.

« Si après enquête, on s’aperçoit que le risque pour la vie des gens n’est pas avéré, bien évidemment, il n’y aura pas d’expropriation », a pour sa part assuré Benoist Apparu. Mais, ceux qui refusent le rachat amiable en espérant sauver leur maison prennent « un vrai risque », a-t-il estimé. La procédure sera en effet plus longue, même si en cas d’insuccès, le prix de rachat reste le même au final, selon les explications obtenues par l’AFP. Pour l’instant, près de 700 propriétaires ont manifesté leur intérêt pour une procédure amiable en Vendée et une centaine en Charente-Maritime, selon les chiffres des préfectures.

D’autres, à l’inverse, comptent contester la cartographie des « zones noires ». « Nous allons étudier les possibilités de recours », a ainsi déclaré à l’AFP le maire de La-Faute-sur-mer René Marratier, en soulignant qu’au terme de la cartographie actuelle « c’est un quart de la commune qui disparaît, 61 ha ». En Charente-maritime, trente-trois communes et neuf associations de défense des victimes demandent une « suspension du zonage ».

Pour Philippe de Villiers, le président du conseil général de Vendée, « les zones à risques mortels, il est irresponsable de les discuter ». « Il faut préserver les citoyens face à des aléas climatiques de plus en plus récurrents et violents. La submersion marine est un risque qui peut revenir de plus en plus fréquemment », a pour sa part estimé le sénateur vendéen (NI) Bruno Retailleau, après deux jours de terrain avec une mission sénatoriale. Les « zones noires » ont été tracées à partir d’études menées par des ingénieurs et techniciens de l’environnement et de l’équipement, avec différents critères d’évaluation des risques après la tempête qui a fait 53 morts et plusieurs centaines de millions d’euros.

La Rochelle, 15 avril 2010 (AFP)


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