Assurance transport / Navire : Napoléon Bonaparte, l’heure est à l’évaluation des dégâts

Les opérations de colmatage de la brèche du Napoléon Bonaparte ont commencé ce matin, afin de pomper l’eau qui s’est engouffrée dans plusieurs cales du navire. Reste maintenant à évaluer les dégâts et déterminer les responsabilités de chacun, avec la question cruciale des assurances.

Depuis dimanche, le Napoléon Bonaparte, un navire de 172 mètre appartenant à la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée), est incliné à tribord contre un quai du port de Marseille après avoir rompu ses amarres sous la pression de vents violents. Le ferry est venu s’écraser contre le quai, provoquant une brèche dans sa coque et l’inondation de deux compartiments étanches, sans faire de blessé.

Les opérations de colmatages de la brèche sont actuellement en cours afin de pouvoir renflouer le Bonaparte et procéder ensuite à l’estimation de dégâts. « Les réparations provisoires et les mesures d’urgence pour sauver le bateau sont prises en charge par les assureurs du navire, explique Jean-Luc Degonde, courtier spécialisé et membre du SCAMTT (Syndicat des Courtiers d’Assurances Maritimes et des Transports de Marseille). Outre la brèche dans la coque, le ferry aurait également subit des dommages au niveau du moteur mais aussi de l’hélice.

La question des assurances

« Les armateurs comme la SNCM sont en général couverts par une assurance « corps et appareils moteurs » qui concerne l’ensemble des dégâts matériels causés sur le navire », témoigne un ancien expert de la SNCM contacté par News Assurances. « Ensuite, ce sont des mutuelles d’armateurs appelées « P&I Clubs » (Protection & Indemnity), qui couvrent les recours des tiers. Si le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) lance une action contre la SNCM pour pollution ou si l’armateur veut se retourner contre le port ou l’organisme météorologique, ce sont les clubs qui entrent alors en jeu », poursuit-il.

« L’ensemble des frais de renflouements sont également pris en charge par les clubs », ajoute de son côté Jean-Luc Degonde. « En ce qui concerne la Responsabilité Civile du bateau pour les dégâts occasionnés sur le quai, soit elle est incluse dans le contrat corps du navire, soit ce sont les clubs qui prendront en charge les dégâts ».

Quelles responsabilités ?

Avec un coût de construction de 211M d’euros, le Napoléon Bonaparte est aujourd’hui côté à environ 65M d’euros. Un sinistre d’une telle ampleur soulève donc la problématique des responsabilités pour un navire plutôt atypique. « Ce bateau a un gros défaut, il a une très grande surface latérale au-dessus de l’eau et un faible tirant d’eau», explique l’ex-expert de la SNCM. « Ce bateau n’en est pas à son premier incident depuis sa mise à l’eau en 1996, mais de son côté le port de Marseille a été construit avec peu de profondeur pour des navires normaux, donc moins imposants. Enfin, les points d’attache du Bonaparte sont très haut ce qui rend les amarres très verticales avec une force qui vient de beaucoup plus haut . Doubler ou tripler ces amarres ne suffit pas par grand vent », ajoute ce dernier.

Selon le site d’information de Metro France, la SNCM indique que « toutes les consignes de sécurité ont été respectées » le jour de l’incident. « Tout va également dépendre du positionnement du bateau sur le quai », poursuit Jean-Luc Degonde. « Le navire a tout de même atteint une gite de 15 à 20% et il aurait pu s’incliner d’avantage », conclut-il.

La Napoléon Bonaparte assure habituellement des liaisons entre Marseille et la Corse et dessert principalement les ports de Bastia et Ajaccio avec la possibilité d’accueillir à son bord 2.650 passagers et 708 voitures. Selon la SNCM, les réparations qui seront engagées sur le ferry empêcheront le bateau de naviguer comme prévue pendant les fêtes de Noël, et l’armateur table sur la fin des travaux dans les six mois à venir.

Droits réservés : EPA

un commentaire sur “Assurance transport / Navire : Napoléon Bonaparte, l’heure est à l’évaluation des dégâts”

  • Gilbert SOULET Vues :

    Bonjour et bon courage.

    Mais il faut admettre que cela aurait pu être beaucoup plus grave!
    Pour conjurer le sort, je vais proposer à l'association NOSTER PACA d'effectuer un A/R pour prépare une réunion sur la percée ferroviaire du Montgenèvre et la nouvelle LGV mixte en PACA …

    Cordialement,
    Gilbert de Pertuis, Porte du Luberon

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