Arrêts maladie abusifs : la Roumanie lance la traque aux fraudeurs de l’assurance maladie

Le gouvernement roumain a adopté mercredi une ordonnance visant à réduire le nombre des arrêts maladie, qui a explosé ces dernières années, en prévoyant des contrôles au domicile des bénéficiaires et un durcissement des sanctions appliquées médecins trop complaisants.

« Ce qui se passe actuellement en termes d’arrêts maladie dépasse toutes les limites, » a déclaré le ministre de la Santé Attila Cseke, à l’issue d’une réunion du gouvernement. Selon lui, les dépenses liées aux congés maladie ont dépassé 220M d’euros en 2009, soit quasiment le double du montant en 2006. « Il est inadmissible que 6% du Fonds national d’assurances de santé aille aux congés maladie », s’est-il insurgé.

En 2009, 2,7 millions d’arrêts maladie ont été prescrits, alors que la Roumanie compte environ 5 millions d’employés. En vertu du nouveau texte, « des représentants de l’employeur et, selon le cas, de la police » sont autorisés à se rendre au domicile du patient pour vérifier qu’il y est.

« Si le bénéficiaire ne se trouve pas à l’adresse indiquée, il sera privé de l’indemnité prévue », a précisé le ministre. Les médecins qui prescrivent des arrêts maladie en violation de la loi seront passibles d’amendes allant de 1.200 à 2.400 euros. Les patients souffrant de certaines maladies chroniques de même que les femmes enceintes ou en congé maternité ne seront pas concernés par cette loi.

Confrontée à une baisse des recettes budgétaires, la Roumanie peine à trouver des ressources pour financer son système de santé. Le gouvernement, qui s’est engagé à réduire de manière draconienne le déficit public, prévoit également de contrôler tous les retraités pour cause d’invalidité, après avoir constaté de nombreux abus. Selon les médias, des centaines de personnes valides d’une même commune auraient bénéficié d’une pension pendant des années après avoir obtenu des certificats attestant de leur « cécité ».

Bucarest, 14 avril 2010 (AFP)


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