Berlin irrite les laboratoires en s’attaquant aux prix des médicaments

Le ministre allemand de la Santé a proposé mercredi de contraindre les laboratoires pharmaceutiques à baisser le prix de leurs médicaments pour faire économiser 2 milliards d’euros à l’assurance maladie, un projet vertement critiqué par l’industrie.

“Nous pouvons espérer 2 milliards d’euros d’économies”, sur les 30 milliards dépensés chaque année par l’assurance-maladie obligatoire, a déclaré le ministre libéral (FDP) Philipp Rösler dans une interview à Bild mercredi.

Pour y parvenir, le ministre compte à court terme imposer “des rabais et des moratoires” pour freiner les prix des médicaments, qu’il juge “trop chers”.

Il veut ensuite contraindre l’industrie à mener “des négociations contractuelles avec les caisses de sécurité sociale” sur les prix, et à prouver davantage l’intérêt pour les patients des nouveaux médicaments.

Déjà évoqués plus tôt en mars, les projets du ministre allemand ont suscité la colère des laboratoires. Les propositions de M. Rösler relèvent “de réactions fébriles sous la pression du lobby anti-industrie pharmaceutique”, a déclaré le président de la Fédération de l’industrie pharmaceutique BPI.

Le ministre agit “comme si les entreprises pharmaceutiques étaient responsables des problèmes de financement des caisses d’assurance-maladie obligatoires”, alors que les remboursements de médicaments ne représentent que 11% de leur budget, a ajouté Bernd Wegener.

Le gouvernement doit choisir entre “l’économie planifiée et l’économie de marché”, et n’intervenir qu’en cas d’échec des négociations entre laboratoires et assurance-maladie, a déclaré de son côté Cornelia Yzer, la présidente de la fédération des laboratoires Vfa, dans un communiqué.

L’industrie fixe librement le prix de ses médicaments en Allemagne, qui est en moyenne plus élevé que chez ses voisins, et chaque caisse d’assurance-maladie peut négocier des rabais.

Les assurés sont remboursés d’une partie de leurs dépenses, mais doivent débourser entre 5 et 10 euros par traitement.

Le ministre espère une loi “au plus tard à la fin de l’année”, et compte présenter prochainement son plan aux autres partis de la coalition.

Francfort, 10 mars 2010 (AFP)


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