Bilan de la table ronde “Radiofréquences, santé, environnement”

table-ronde-radiofrequences-70La table ronde « Radiofréquences, santé, environnement » est née d’une situation de blocage, d’une crispation autour des installations de téléphonie mobile.

Il n’appartenait pas à la table ronde de trancher la controverse en toile de fond de cette contestation. Ce débat-là sera éclairé, avec les garanties nécessaires, par les travaux de l’Afsset. L’avis en question, attendu en septembre 2009, fournira les fondements scientifiques nécessaires à la conduite des politiques publiques et à l’information de nos concitoyens au plus près des connaissances scientifiques présentes.

Sans attendre cependant, une analyse précise des ressorts de la crise permet de dégager des principes d’action publique et des recommandations opérationnelles.

Le premier principe est la transparence. Cela concerne les informations à donner aux consommateurs et aux riverains, mais aussi au grand public et aux parties prenantes en première ligne, notamment les élus et les personnels de santé. Cela concerne aussi le financement des dispositifs de contrôle et de recherche.

Le deuxième principe est l’attention. Toutes les plaintes doivent être entendues et prises en charge. C’est la noblesse de l’art médical. La diffusion généralisée des technologies de la mobilité a largement bouleversé nos vies en l’espace d’une décennie. Dans ce contexte, l’attention aux populations fragiles est une exigence politique.

Le troisième principe est la précaution. Nous avons à définir, à la faveur de cette crise, une pratique rénovée de la gestion des risques en situation d’incertitude : dialogue, pluralisme de l’expertise, recherche, action proportionnée et évolutive en sont les maîtres mots. Compte tenu de l’état des connaissances, le principe de précaution justifie des restrictions d’usage du téléphone mobile, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes ; en revanche, pour ce qui est des antennes, d’autres logiques d’action permettent de limiter l’exposition des populations au mieux des possibilités technologiques et de renforcer l’effort de constitution de connaissances.

Le quatrième principe revendique l’importance de la délibération démocratique. Le débat public ne participe pas du problème, comme certains pourraient le penser, mais de la solution. Au nom de la transparence, tout doit être « mis sur la table » et délibéré, à tous les échelons. L’information, la concertation ne suffisent pas cependant. Les élus doivent disposer d’un pouvoir de négociation pour gérer non pas la sécurité sanitaire mais la régulation territoriale des
installations.

Le cinquième principe est la cohérence de l’action publique. Le pilotage de l’action publique au niveau central doit progresser pour assumer une gouvernance d’ensemble de qualité : cela concerne la prospective, l’expertise, l’organisation de la recherche, l’exercice des missions de contrôle et la qualité de la réglementation.


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